un cycle de conférences autour de la « citoyenneté participative »


ALGER – L’Institut national d’Etudes de stratégie globale (INESG), a lancé, mardi à Alger, un cycle de conférences autour de « la citoyenneté participative », une notion développée par divers spécialistes, sous l’angle des mutations politiques, économiques et socioculturelles de l’Algérie.

« La citoyenneté est une responsabilité. C’est une notion qui suppose des droits mais aussi des obligations, et il s’agit de trouver l’équilibre entre ces deux derniers », a déclaré le Directeur général de l’INESG, Abdelaziz Medjahed, à l’ouverture de la rencontre inaugurale de la série de conférences annoncée.

Considérant que « le citoyen a une grande responsabilité quant à son destin », il a estimé qu' »il appartient à chacun d’aller de l’avant, en s’appuyant sur des valeurs et en s’armant de volonté », citant, à titre d’exemple, les élections locales désignant les représentants du peuple au niveau local.

M. Medjahed a mis l’accent, à cet égard, sur « l’impératif de bien choisir ceux qui sont appelés à gérer les Assemblées locales et à préparer les lois de la République qui refléteront les aspirations et les attentes des électeurs », notant, à ce titre, l’importance des principes de « liberté et de justice » sur lesquels s’appuie toute citoyenneté.

Spécialiste des sciences politiques, Mohamed Safou, a abordé, de son côté, la question de « la citoyenneté et participation citoyenne », en précisant que « si le concept de citoyenneté remonte à la civilisation grecque, celui-ci est en train de se renouveler aujourd’hui avec la réorganisation des Etats autour des défis de sécurité et de développement ».

Il a expliqué que « la citoyenneté est étroitement liée au principe d’égalité, dont celui de la distribution des richesses. Or, le sentiment d’exclusion peut entamer celui de citoyenneté, d’appartenance à une terre et par conséquent, de dévouement au pays ».

« En revanche, a-t-il rappelé, la justice favorise le dévouement à la patrie », relevant que « la citoyenneté est différente de la nationalité », ajoutant que si cette dernière est « un statut juridique, la citoyenneté n’est pas juste une notion mais elle s’exprime à travers des institutions ».

De son côté, l’historien Rabah Lounici, de l’Université d’Oran, a abordé la question de la citoyenneté en Algérie, sous l’angle de « la négation coloniale et de ses répercussions », affirmant que « la Déclaration du 1er novembre 1954 a revendiqué un Etat de citoyenneté, bien avant que le fassent les pays développés ». Ceci, a-t-il indiqué, en appelant à « l’acceptation de l’autre, quelles que soient ses différences, l’essentiel étant de s’en tenir à l’unité nationale et au dévouement à la patrie ».

Il a rappelé, dans ce contexte, les pratiques de la France coloniale visant à délester les Algériens de leur pleine citoyenneté, à travers entre autres, la promulgation du décret Crémieux en 1870.

Le juriste Nasedredine Bousmaha, de l’Université d’Oran, a relevé, quant à lui, que l’exercice de la citoyenneté en Algérie a connu une « évolution qualitative » sur le plan juridique, à travers les amendements et enrichissements introduits à ce concept dans la Constitution de 2020, et a noté « une vision nouvelle pour le renforcement de la citoyenneté » apportée dans ce texte.

Pour sa part, l’ancien ministre et économiste, Mohamed Chérif Belmihoub, a considéré que  « la participation citoyenne s’exprime lorsque l’individu prend conscience de ses responsabilités locales et de son territoire ».

A ce titre, il a insisté pour « une gestion décentralisée » des affaires, citant la commune en tant que « cellule de base de la collectivité », considérant, à ce propos, qu’il ne s’agit pas pour les citoyens de « remplacer les fonctionnaires dans leurs prérogatives, mais de contribuer à

la gestion locale par l’information, le contrôle, et l’éducation, entre autres ».

A noter, que cette rencontre de 3 jours sera ponctuée par nombre de conférences thématiques, dont notamment celles portant sur « les fondements culturels de la citoyenneté intégrée », « la société civile comme force de soutien pour la consolidation de la citoyenneté », et le thème de « citoyenneté et sécurité ».


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