RDC : ″Vous ne pouvez pas nous demander de régler en six mois un problème qui dure depuis 20 ans″ | Afrique | DW

Situation politique, défis économiques et sociaux, mise en place de la nouvelle commission électorale, relations avec l’Eglise catholique ainsi que le contexte sécuritaire qui prévaut au Nord Kivu où des positions de l’armée congolaise ont été attaquées par des hommes armés non identifiés dans la nuit de dimanche (7.11) à lundi : lros d’un entretien à Bruxelles, la DW a fait un tour de l’actualité brûlante en RDC avec le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya.

Comment évaluez-vous la situation qui prévaut actuellement dans la région du Nord-Kivu ?

Patrick Muyaya : A l’heure actuelle, les informations qui nous parviennent des autorités militaires portent à croire que ce sont des résidus du mouvement M23 parce qu’ils ont opéré dans la région. Il faut savoir que c’est une région frontalière à la fois avec le Rwanda et l’Ouganda, et c’est une région très sensible. L’une de nos positions a été attaquée dans la nuit d’hier. Mais au moment où nous parlons, une réponse des forces armées est organisée.

Cette partie de la RDC a été placée sous état de siège depuis le 6 mai, notamment pour trouver une solution au contexte sécuritaire et œuvrer pour une paix durable. Nous sommes pratiquement à la dixième prolongation de cet état de siège. Jusqu’à quand va-t-il durer ?

Patrick Muyaya Vous ne pouvez pas nous demander de régler en six mois un problème qui dure depuis 20 ans. Nous n’avons jamais dit au départ de l’état de siège qu’il n’y aura plus jamais de mort. Nous avons hérité de cette situation, nous travaillons aujourd’hui pour trouver une solution. Nous comprenons la frustration des populations qui vivent dans cette région. Peut-être que pour certains cela apparaît comme une pression supplémentaire, mais vous avez vu que les Congolais, majoritairement, approuvent la décision de l’état de siège.

On se rapproche aussi tout doucement de l’échéance électorale de 2023. Est-ce que ces régions sous état de siège pourraient ne pas voter en 2023 ?

Patrick Muyaya Pourquoi pensez-vous qu’il faut qu’on en arrive à 2023 ? Si les choses évoluent positivement avec la stratégie mise en place, les grosses menaces seront éradiquées. La vraie difficulté, c’est que nous sommes dans un contexte où nous combattons le terrorisme, où l’adversaire n’est pas visible.

Lors de la récente nomination de Denis Kadima à la tête de la Commission électorale nationale indépendante, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer un passage en force et d’une manière pour le pouvoir en place de verrouiller toutes les institutions pour s’assurer un passage aisé lors du prochain scrutin. Que répondez-vous ?

Patrick Muyaya : Mais où avez vous vu un passage en force ? Ce processus a duré quatre à cinq mois. Ce n’est pas un passage en force lorsque cela apparaissait comme le nez au milieu du visage que les confessions religieuses n’étaient plus en mesure de s’entendre.




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