Phytothérapie : une efficacité reconnue mais difficile à prouver


Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir – Les Indispensables n°207, daté octobre/ décembre 2021.

Infusion, décoction, gélules, huiles essentielles… Elles soignent sous de multiples formes. Mais comment choisir la bonne plante, avec quel dosage et pour quelle efficacité ? S’y retrouver parmi les quelque 2.000 produits utilisés en phytothérapie revient à tâtonner dans une jungle. Cette médecine douce était pourtant la seule pratiquée jusqu’à l’avènement de la médecine scientifique. L’homme de Néandertal, il y a 48.000 ans, se soignait déjà avec des feuilles de peuplier, qui libèrent une substance semblable à l’aspirine ! Pline l’Ancien (23-79) et Galien (129-201) citent 500 plantes-remèdes. Aujourd’hui, selon l’OMS, sur 400.000 espèces recensées sur terre, entre 25.000 et 60.000 recèlent des propriétés médicinales. Mais seules 3 à 5 % des populations occidentales les utilisent contre 85 % des habitants du sud du Sahara.

Vers la fin du 19e siècle, la chimie moderne a radicalement modifié la pratique de la médecine, en créant des molécules de synthèse plus performantes et exposant à moins d’effets indésirables. Ces médicaments ont été prescrits sans frein, et les plantes ont été oubliées, voire décriées, le diplôme d’herboriste supprimé en France en 1941. Depuis quelques décennies, toutefois, une nouvelle tendance s’amorce, et nombreux sont ceux qui se tournent vers des « méthodes douces ».

« Les patients consomment même des plantes de façon un peu cachée car certains médecins le leur déconseillent fortement, constate Pierre Champy, professeur de pharmacognosie (étude des substances médicamenteuses d’origine naturelle) à l’université Paris-Saclay. Quant à ces derniers, ils ne reçoivent aucune formation sur les plantes durant leur cursus, et considèrent que les données sont trop peu fiables. Effectivement, les études cliniques sont compliquées à réaliser, chères et donc très rares. Pourtant, la demande d’évaluation est aujourd’hui très forte ! Elle émane également des vétérinaires et des éleveurs désireux d’éviter les antibiotiques. »


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