Les forces armées tigréennes menacent de marcher sur la capitale éthiopienne | Afrique | DW

Il y a tout juste un an la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, s’enflammait  – entre temps, le conflit s’est étendu à d’autres régions du pays. Il oppose d’un côté l’armée éthiopienne et les forces de la région amhara et de l’autre les forces tigréennes en partie menées par le TPLF, le Front de Libération du Peuple du Tigré. 

Il y a quelques jours les forces tigréennes ont annoncé avoir pris le contrôle de plusieurs villes en région amhara. Non loin de là, un autre groupe rebelle de la région oromia a également affirmé avoir conquis des pans de territoire.

Parviendront-ils ou non à descendre jusqu’à la capitale Addis Abeba ? La situation demeure imprévisible et volatile, mais l’inquiétude monte au sein de la population, alors que le gouvernement a déclaré mardi soir l’état d’urgence à l’échelle nationale et a appelé les habitants d’Addis Abeba à s’organiser pour défendre leur ville.

Ecoutez ci-dessus le compte-rendu de notre correspondante sur place, Maria Gerth-Niculescu.

Une escalade qui inquiète aussi à l’étranger

L’envoyé des Etats-Unis pour la Corne de l’Afrique Jeffrey Feltman s’est dit de plus en plus préoccupé par l’ampleur croissante des opérations de combat et des violences inter-communautaires. Il est attendu ce jeudi (04.11.2021) à Addis Abeba pour tenter de trouver une issue pacifique à cette guerre, une guerre qui dure depuis très exactement un an dans le nord de l’Éthiopie, mais dont les partis ne semblent pour le moment pas envisager quelconque négociation. Certaines ambassades conseillent d’ores et déjà à leurs ressortissants de quitter le pays.

Violences de toutes parts 

Mercredi 3 novembre, le Haut Commissariat de l’Onu aux droits de l’homme a publié une enquête commune avec la Commission éthiopienne des droits de l’homme. Daniel Bekele en est le chef : 

« La conclusion c’est que toutes les parties du conflit, à savoir les forces éthiopiennes, les forces érythréennes et les forces tigréennes, ainsi que leurs milices alliées, sont vraisemblablement impliquées dans de graves violations des droits de l’homme et dans des abus, parmi lesquels le ciblage de civils, les exécutions extrajudiciaires, la torture et les déplacements, ainsi que les violences sexuelles et sexistes brutales. Toutes les parties au conflit sont donc impliquées dans toutes ces violations graves des droits de l’homme, qui peuvent être assimilées à des crimes contre l’humanité ou à des crimes de guerre. » 

Le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme et la Commission éthiopienne des droits de l'homme ont présenté le 3 novembre une enquête commune

Le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme et la Commission éthiopienne des droits de l’homme ont présenté le 3 novembre une enquête commune

A noter que l’enquête ne couvre que la période du 3 novembre 2020 au 28 juin 2021. Or, le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a dit avoir également recensé des exactions commises après la période couverte par l’enquête. 

A noter aussi que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmeda réagi après la publication du rapport estimant qu’il n’établissait aucune preuve d’un génocide au Tigré. Ce à quoi Michelle Bachelet, Haut-commissaire aux droits de l’Homme, a répondu que l’enquête n’avait permis ni d’établir, ni d’écarter ces accusations qui requièrent, selon elle, une enquête plus approfondie. 

A lire aussi → Des intellectuels africains appellent à la paix au Tigré




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