Le groupe Etat islamique tire des roquettes à Kaboul

A LA VEILLE DU DÉPART DES TROUPES AMÉRICAINES

Le groupe Etat islamique Khorasan (EI-K) a effectué hier matin des tirs de roquettes vers l’aéroport de Kaboul, rapporte l’AFP. L’opération intervient à la veille du départ prévu d’Afghanistan après 20 années de présence, de l’armée américaine.

La Maison-Blanche a confirmé ces tirs, revendiqués par l’EI-K. Le président américain, Joe Biden, a été informé de l’attaque de roquettes à l’aéroport de Kaboul et les évacuations se poursuivent «sans interruption», a annoncé dans la journée sa porte-parole, Jen Psaki. «Le Président a été informé que les opérations continuent sans interruption» et «il a reconfirmé aux commandants l’ordre de redoubler d’efforts afin de faire en priorité tout ce qui est nécessaire pour protéger nos forces sur le terrain», a-t-elle ajouté.

A son tour, l’EI-K a déclaré dans un communiqué que «les soldats du califat ont ciblé l’aéroport international de Kaboul, avec six roquettes». Auparavant, un responsable des talibans sur les lieux a indiqué que cinq roquettes avaient été tirées et qu’elles ont été interceptées par le système de défense antimissile de l’aéroport. Un drone américain a ensuite, selon lui, visé une voiture qui a servi à lancer les roquettes, à près de deux kilomètres de l’aéroport.

Un peu plus tard, le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a déclaré que les menaces visant l’aéroport de Kaboul restent «réelles» et «précises». «Nous sommes à un moment particulièrement dangereux», a-t-il affirmé. Et d’ajouter : «Les menaces sont encore réelles, actuelles et souvent précises.»

Dimanche, les Etats-Unis ont mené à Kaboul une frappe «défensive» de drone contre un véhicule chargé d’explosifs, afin de «supprimer une menace imminente» de l’EI-K contre l’aéroport. «Les forces américaines ont mené aujourd’hui une frappe aérienne défensive» de drone, lancée depuis l’extérieur de l’Afghanistan, «contre un véhicule à Kaboul, éliminant une menace imminente de l’EI-K contre l’aéroport international» de la capitale, a déclaré un porte-parole du commandement central, Bill Urban. «Nous sommes certains d’avoir atteint la cible», a-t-il ajouté. «Nous vérifions l’éventualité de victimes civiles», a-t-il indiqué, précisant n’avoir «pas d’indication à cette heure». «De fortes explosions secondaires provenant du véhicule ont montré la présence d’une quantité importante d’explosifs», a-t-il affirmé.

Le même jour, un peu plus tôt, une explosion due à un tir de roquette a été entendue à Kaboul, qui, «d’après les premières informations, a frappé une maison», selon un responsable de l’ancien gouvernement renversé le 15 août par les talibans.

Le président américain, Joe Biden, a fait savoir samedi qu’une nouvelle attaque est «hautement probable», après l’attentat de jeudi aux abord de l’aéroport de Kaboul, revendiqué par l’EI-K et qui a fait plus d’une centaine de morts, dont 13 militaires américains. En représailles, les Etats-Unis ont effectué samedi une frappe de drone en Afghanistan, tuant deux membres du groupe EI-K et en blessant un troisième, et ont prévenu que ce ne serait pas «la dernière».

Épreuves

Sur le plan diplomatique, Washington a prévu hier de réunir en visioconférence ses «partenaires clés» (France, Canada, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni, Turquie, Qatar, Union européenne et Otan), afin de discuter «d’une approche alignée» pour l’avenir au-delà du 31 août. Entre-temps, est attendue une réunion sur l’Afghanistan des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, à savoir les Etats-Unis, la Russie, la Chine le Royaume-uni et la France.

Ce même jour, le porte-parole du bureau politique des talibans, Suhail Shaheen, a indiqué à la radio franceinfo qu’il n’est pas «nécessaire» de créer une «safe zone» (zone protégée) à Kaboul, en Afghanistan, pour continuer les opérations humanitaires, puisque «chaque Afghan pourra» voyager «à l’étranger». «Ce n’est pas nécessaire, l’Afghanistan est un pays indépendant. Peut-on créer une telle zone en France ou au Royaume-Uni ?», les deux pays qui plaident pour une telle option, s’est demandé le porte-parole. Suhail Shaheen explique que «chaque Afghan pourra de toute façon, après le 31 août, voyager à l’étranger s’il le souhaite».

Concernant le rapport des experts onusiens soutenant que les talibans disposent de listes d’opposants qu’ils recherchent, le porte-parole affirme que «ce rapport est sans fondement». Il a indiqué que des enquêtes ont été menées sur ces accusations et que «certaines personnes à l’origine de ces informations, des membres du NDS, le service de renseignement de l’administration sortante à Kaboul» ont été arrêtées. A ses dires, elles «ont fait cela pour créer un climat de peur parmi les gens. Mais de notre côté, il n’y a pas de liste noire, il n’y a aucune liste. Et on a accordé une amnistie générale à tous ceux qui travaillaient avec les forces étrangères ou avec l’administration de Kaboul». Et de rassurer : «On ne veut pas monopoliser le pouvoir.

C’est pour cela que nous discutons avec tous les représentants politiques. On espère que l’on pourra former un nouveau gouvernement islamique inclusif qui soit accepté par tous. J’espère que cela se fera d’ici trois à quatre jours.» Pour le porte-parole, «l’Etat islamique ne sera pas en mesure de continuer son combat et d’avoir en même temps le soutien de la population. Ils viennent de pays étrangers, ne sont pas familiers avec les Afghans depuis leur culture. Ils seront immédiatement identifiés».

Le président Biden a fixé au 31 août l’échéance pour retirer les dernières troupes américaines d’Afghanistan, où elles étaient entrées en 2001 pour chasser du pouvoir les talibans, en raison de leur refus de livrer le chef d’Al Qaîda, Oussama Ben Laden, après les attentats du 11 septembre.
Les talibans ont profité du retrait américain progressif ces derniers mois et de l’effondrement des forces de sécurité afghanes pour entrer dans Kaboul le 15 août et reprendre le pouvoir.


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