Le Goncourt propulse les ventes de l’écrivain Mouhamed Mbougar Sarr | Afrique | DW

A peine sacré lauréat du prix Goncourt 2021 mercredi dernier (3.11), le roman La plus secrète mémoire des hommes de Mouhamed Mbougar Sarr est déjà introuvable dans les rayons des librairies à Dakar.
Abdou Gaye, magistrat en formation à Dakar, a tenté de se le procurer. « Je l’ai demandé au libraire mais il m’a dit que l’ouvrage n’est malheureusement pas encore disponible. Un livre qui est primé du prix Goncourt, nous lecteurs serions ravis d’y jeter un coup d’œil », explique-t-il.

Pour l’écrivain et scénariste Abdou Sey Ndiaye, « c’est déplorable. Un Africain, de surcroît un Sénégalais qui écrit et son livre n’est pas disponible ? Il faudra faire quelque chose pour que cela n’arrive plus. Le livre a été primé et qu’on n’en trouve pas sur le marché est dommage pour l’intelligentsia africaine. »

Une profession en difficulté

Selon, Abdou Seye Ndiaye, la profession de libraire est confrontée à d’énormes difficultés de distribution. Selon lui, au Sénégal comme dans plusieurs autres pays d’Afrique francophone, le pouvoir d’achat du consommateur de livres est faible. 

A (re)lire également :Littérature : 2021, une année africaine 
A cela s’ajoute la concurrence du livre électronique et le commerce informel des livres d’occasion, vendues dans ce qu’on appelle communément les « librairies à terre ».

« J’ai sillonné près d’une dizaine de librairies des Almadies à Sandaga, sans succès », se désole Alioune Badara Youm, informaticien à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Cependant, cette rupture de stock ne le surprend pas. « Le Goncourt, c’est du lourd. D’une manière générale, le lendemain tout le monde va faire la queue dans les librairies pour se l’arracher. Si nous prenons l’exemple des lauréats précédents, chaque fois qu’un écrivain le gagne, automatiquement son œuvre est en rupture de stock. »

Nouvelles commandes

Effectivement, à Fann, à quelques encablures de l’Université Cheikh Anta Diop, il n’y a pas encore de trace de l’ouvrage primé dans les rayons de la librairie Clairafrique. Néanmoins, le responsable de ce point de vente très fréquenté par les étudiants ne désespère pas. Il rassure sa clientèle.
« Depuis hier, nous recevons des coups de fils, des visites et il y a une affluence. Aujourd’hui, nous avons reçu une trentaine de commandes. Nous prenons les numéros de tous les clients qui sont intéressés et dès que le livre sera disponible, nous les appellerons. Nous avons fait une commande express et nous l’attendons incessamment », assure Ernest Diata.




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