Fausses notes et dissensions : l′UE toujours désunie sur sa politique migratoire | International | DW

Au dernier grand sommet des dirigeants européens sur la politique migratoire, en octobre dernier, douze pays dont l’Autriche, la Pologne et la Hongrie, ont réclamé des fonds à Bruxelles pour financer l’érection de barrières à leurs frontières. Si la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a refusé net, son homologue du Conseil européen, Charles Michel, a, lui, adopté un autre ton. Voici ce qu’il déclarait lors d’un récent voyage en Pologne :

« Nous avons aussi le débat, la question du financement par l’Union européenne des infrastructures physiques et nous pensons qu’il faudra aussi clarifier la capacité pour l’Union européenne de faire preuve de solidarité ou pas, vis-à-vis des pays qui sont en première ligne afin de protéger leurs frontières nationales qui sont aussi les frontières de l’Union européenne. »

En réalité, bien avant cette déclaration, les pays de l’Est de l’Union avaient déjà commencé à se barricader : au moment de la crise migratoire de 2015, la Hongrie ouvre la marche en érigeant murs et barrières à ses frontières. La Grèce, la Bulgarie lui emboîtent le pas. A tel point qu’aujourd’hui, environ 1.000 kilomètres d’installations défensives courent le long des frontières externes de l’Union européenne.

Refoulements illégaux

En Méditerranée, des navires européens repoussent depuis des années déjà les embarcations des migrants vers les eaux libyennes. Alors, officiellement l’Italie forme les garde-côtes libyens et leurs apporte un soutien logistique – mais cela n’empêche en rien la Libye de parquer les migrants dans des camps, de les torturer et de leur extorquer de l’argent.

Ailleurs, en Grèce, en Croatie ou en Bulgarie, des rapports d’ONG ou de l’ONU font aussi état de refoulements – parfois violents – et toujours illégaux. Car chaque réfugié, à partir du moment où il pose un pied sur le sol européen, a le droit de déposer une demande d’asile. Récemment invité au Parlement européen, Filippo Grandi, commissaire de l’Onu pour les réfugiés, n’a pas mâché ses mots à ce sujet :

« Les pratiques actuelles de certains pays sont très préoccupantes. Les murs et les barbelés; les refoulements violents, au cours desquels des migrants sont parfois battus, déshabillés et jetés dans des fleuves ou dans la mer où ils sont voués à la noyade … mais aussi le fait que certains Etats essayent de se dédouaner de leurs obligations en payant des pays tiers pour qu’ils endossent leurs responsabilités. »

Mars 2020, à la frontière turque, la police grecque repoussent des migrants illégaux à coups de gaz lacrymogène.

Mars 2020, à la frontière turque, la police grecque repoussent des migrants illégaux à coups de gaz lacrymogène.

Abus concernant les procédures d’asile

Ce à quoi Jeroen Lenaers, député du Parti populaire européen a répondu : « La plupart des gens qui veulent atteindre l’Europe aujourd’hui ne sont pas des réfugiés. Les procédures d’asile sont utilisées à mauvais escient par ceux qui n’ont pas besoin d’une protection internationale et aux dépens de ceux qui sont en détresse. Vous voyez des bandes criminelles qui ont transformé la migration en un business lucratif et des dictateurs qui se servent de la migration comme d’une arme de guerre hybride à l’encontre de l’UE. »

Une déclaration qui se base sur le fait que les autorités italiennes annoncent ponctuellement l’arrivée, en nombre conséquent, de migrants venus d’Afrique du Nord. Or, ces derniers n’ont, en règle générale, pas droit à l’asile. Dans les statistiques officielles de l’Union européenne cependant, la majorité des migrants venaient, en 2020, de Syrie et d’Afghanistan, suivis du Venezuela et de la Colombie. Puis d’Iran, du Pakistan et de la Turquie. 

Lire aussi → Le pacte migratoire entre l’UE et la Turquie est-il encore d’actualité ?




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