Élections locales du 27 novembre : La femme, ce maillon faible du scrutin

Pour les locales, les partis et les indépendants ont trouvé d’énormes difficultés à convaincre les femmes de rejoindre leurs listes électorales et la majorité de celles qui ont accepté de prendre part au scrutin figurent sur les affiches sans visage.

La femme était la grande perdante des élections législatives du 12 juin dernier, puisque seules 34, soit 8% d’entre elles, ont pu décrocher un siège à l’hémicycle Zighoud Youcef. Une régression criante par rapport à la législature précédente. Ce scénario risque de se reproduire pour les élections locales anticipées du 27 novembre.

La principale raison de cette défection est l’annulation du système des quotas qui, selon les organisations politiques et les défenseurs des droits des femmes, «facilite» l’exclusion de la femme, notamment en raison de l’absence de classement sur les listes électorales. Certes, le système des quotas n’était pas la solution, mais au moins il avait encouragé, de l’avis de beaucoup d’observateurs, la représentation de la femme dans les assemblées électives sans toutefois la régler.

La nouvelle loi relative au régime électoral consacre la parité entre hommes et femmes lors de l’élaboration des listes électorales au niveau national et local. Sur une liste, un parti politique ou un groupe de citoyens doivent donc mettre autant d’hommes que de femmes. Reste que l’élection des femmes n’est plus garantie, puisque les électeurs pourront jeter leur dévolu sur les candidats de leur choix, indépendamment du sexe. Or, dans l’ancien texte, la présence des femmes d’au moins un tiers était non seulement exigée, mais également garantie, y compris lors du décompte final des voix.

Pour le sociologue Mohamed Mebtoul, de l’université d’Oran, il ne faut pas se voiler la face : «Nous vivons encore dans une société patriarcale toujours forte dans son fonctionnement» et le chemin à parcourir pour parvenir à une parité homme-femme reste encore long, assène-t-il.

Aujourd’hui, comme par le passé, la représentation de l’élément féminin se pose dans certains partis, notamment dans les régions de l’intérieur et du Sud. Pour les locales, comme pour le renouvellement du Parlement, ces formations ont trouvé d’énormes difficultés à convaincre les femmes de rejoindre leurs listes électorales et la majorité de celles qui ont accepté de prendre part à ce scrutin figurent sur les affiches sans visage.

Ce genre de candidates «fantômes», qui cachent leur visage ne concerne pas uniquement des partis islamistes, mais aussi des listes d’autres partis et même des indépendants. Dans certains cas, ce sont les candidates elles-mêmes qui refusent de mettre leurs photos sur les affiches électorales, car nombreuses sont celles qui figurent sur les listes uniquement pour que ces dernières soient validées par l’ANIE ou parce que la loi électorale impose la parité homme-femme.

Ces femmes assument mal leurs candidatures et rares sont celles qui occupent le terrain en cette période de campagne. Si en 2017, l’instance en charge des élections a demandé aux partis incriminés de modifier leurs affiches, en 2021 l’ANIE a étrangement autorisé les candidates à ne pas faire figurer leurs photos sur les affiches de campagne électorale et les bulletins de vote, le jour du scrutin.

Nabila Amir


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