Droits de l’homme : Me Badi dénonce les dépassements de la justice

Le collectif de défense de Djamel Bakhtaoui, membre de la Ligue algérienne de la défense des droits de l’homme (LADDH) de Médéa, s’est retiré de l’audience de première comparution de l’accusé pour protester contre les pratiques du juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed d’Alger, a annoncé, avant-hier, Me Abdelghani Badi, l’un des membres du collectif de défense.

«Nous avons décidé de nous retirer de l’audience de l’accusé Djamal Bakhtaoui lors de sa première comparution devant le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed, après avoir constaté l’exagération du juge d’instruction à poser des questions dans le détail. Nous l’avions informé que l’audition en première comparution, selon le code de procédure pénale, ne lui permettait pas d’agir de la sorte. Cependant, il a continué à poser des questions en ignorant le code de procédure pénale, les conditions d’un procès équitable et les commentaires de la défense», a déploré Me Badi via Facebook. L’activiste Djamel Bakhtaoui a été arrêté jeudi 14 octobre, selon le CNLD.

Me Badi s’est aussi insurgé contre les procédures dans lesquelles certaines personnes sont poursuivies pour des accusations de terrorisme. «Des personnes, poursuivies dans des affaires liées au terrorisme (Rachad ou Mak ), sont interrogées sur des faits qui remontent à avant le classement des deux mouvements comme organisations terroristes. Elles sont poursuivies sur des faits qui remontent bien avant les récents amendements. Il s’agit d’une violation flagrante du principe de non-rétroactivité des lois», a-t-il encore dénoncé. En mai dernier, le Haut Conseil de sécurité a qualifié le mouvement Rachad et le MAK d’entités «terroristes».

Depuis, des dizaines de personnes ont été arrêtées et poursuivies pour des accusations de terrorisme, en raison de leurs liens présumés avec ces deux organisations. Ils risquent la réclusion perpétuelle en vertu d’un nouvel article du code pénal qui punit «tout Algérien qui s’active ou qui s’enrôle à l’étranger dans une association, groupe ou organisation terroriste ou subversif», dont les activités «nuisent aux intérêts de l’Algérie».

Fin septembre, l’ONG Amnesty International a appelé les autorités algériennes à «cesser d’invoquer de fausses accusations» de terrorisme pour poursuivre en justice des militants pacifiques et des journalistes. «Les autorités algériennes durcissent leurs méthodes visant à réduire au silence la dissidence pacifique en s’appuyant sur des accusations liées au terrorisme pour diaboliser et discréditer les militant·e·s pacifiques et les journalistes.

Ce n’est qu’un écran de fumée pour dissimuler la répression sévère exercée contre le militantisme», a déclaré Amna Guellali, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International.


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