Des heurts à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie | International | DW

Les forces de sécurité polonaises ont fait usage ce mardi (16.11) de gaz lacrymogène et déployé des canons à eau à la frontière avec la Biélorussie. Selon Varsovie, des migrants auraient attaqué ses soldats en jetant des pierres et en tentant de détruire la clôture à la frontière.
Cette nouvelle séquence d’affrontements survient au lendemain d’un entretien téléphonique entre la chancelière Angela Merkel et Alexandre Loukachenko lors duquel le président biélorusse aurait lui aussi estimé que la crise devait être désamorcée.

Un entretien critiqué

Ce coup de téléphone aurait duré une cinquantaine de minutes et constitue une première depuis la réélection contestée du président biélorusse en 2020. Plus largement, depuis le début de la crise migratoire, orchestrée par Minsk selon l’Union européenne, aucun dirigeant européen n’avait directement discuté avec Alexandre Loukachenko. Celui-ci peut y voir un succès diplomatique. Les critiques n’ont d’ailleurs pas manqué de fuser après cet entretien. En Allemagne, le parti des Verts regrette que cette conversation revienne de facto à reconnaître la légitimité du dictateur biélorusse.

A (re)lire également : A la frontière de l’UE, le drame continue

A l’issue de cet entretien, Alexandre Loukachenko a déclaré vouloir permettre le retour des migrants dans leur pays. Au moins 20.000 personnes, notamment originaires du Moyen-Orient, se trouverait actuellement en Biélorussie. Dans le même temps, le dirigeant biélorusse a expliqué que la plupart d’entre eux ne souhaitaient pas rentrer chez eux. Difficile d’y voir une réelle concession. 

Désescalade

Ce mardi, Alexandre Loukachenko a assuré chercher à éviter que cette crise migratoire ne dégénère en « confrontation » avec ses voisins européens. La Russie prône également officiellement la désescalade. Le rôle de Moscou, qui nie toute responsabilité dans cette crise, reste complexe. Si des experts estiment que la Biélorussie est capable de mener seule une opération de mouvement migratoire d’une telle ampleur, aucune décision à Minsk ne peut être prise sans l’aval du Kremlin. Aussi, la Russie semble profiter diplomatiquement de cette situation, car c’est elle que l’Union européenne (UE) appelle à la rescousse pour tenter de dompter Alexandre Loukachenko.

L’UE peu convaincue

En attendant, l’UE semble peu convaincue par les promesses de Minsk et les appels de Moscou. Bruxelles prépare un nouveau train de sanctions basées sur un nouveau critère, à savoir l’instrumentalisation de la migration. Elles devraient tomber dans les prochains jours et viser une trentaine de personnes et des entités morales, que ce soient la compagnie aérienne biélorusse Belavia, ou des agences de voyage au Proche Orient, qui faciliteraient les arrivées de migrants à Minsk avant de les envoyer à la frontière européenne. 

De leur côté, la Turquie et les Emirats arabes unis ont eux déjà interdit les embarquements de Syriens, d’Irakiens, d’Afghans ou encore de Yéménites vers la Biélorussie. Enfin, les Etats-Unis ont également annoncé vouloir élargir les mesures punitives contre Minsk.




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