Congo Hold-up, une nouvelle enquête sur la corruption en RDC | Afrique | DW

L’enquête a été menée par des journalistes et des ONG. C’est à partir d’une fuite de documents de la Banque gabonaise et française internationale BGFI que l’enquête Congo Hold-up a été menée. Elle se base sur l’analyse de plus de 3,5 millions de documents et des millions de transactions du groupe BGFI et de sa filiale en RDC, couvrant une période de dix ans. 
Il s’agirait de la plus importante fuite de documents sur le continent. L’enquête montre comment l’ex-régime de Joseph Kabila a détourné quelque 138 millions de dollars au détriment des Congolais. 

Jean-Claude Mputu, du collectif Le Congo n’est pas à vendre, estime que ces nouvelles révélations sont inédites. « La différence ici c’est qu’il y a des preuves matérielles de ce que les révélations affirment. Des milliers de droits de réponse ont été envoyés aux différentes personnes. L’essentiel pour nous, avec ces nouvelles révélations, c’est que les autorités congolaises actuelles puissent enfin ouvrir des enquêtes. Il est hors de question que le pays continue comme cela avec cette corruption au sommet de l’Etat et avec ces banques au service de la corruption« , précise-t-il.

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Plusieurs affaires révélées

Avant Congo Hold-up, plusieurs révélations avaient déjà été faites au sujet des détournements de fonds dont se seraient rendus coupables l’ex-président Joseph Kabila et son entourage. 
On citera par exemple le contrat léonin des passeports congolais qui serait parmi les plus chers au monde, où une partie du montant perçu aurait bénéficié à des proches de la famille Kabila.

Il y a aussi les transactions minières et pétrolières du réseau de Dan Gertler présenté comme proche de l’ancien président. Celui-ci est sous le coup de sanctions américaines pour des faits de corruption, mais il opère toujours en RDC.
A noter également, les Lumumba papers en 2016 et les révélations de détournements, déjà à travers la BGFI Bank.

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 » Mettre fin à l’impunité »

Le banquier et lanceur d’alerte Jean-Jacques Lumumba était à l’origine des fuites à l’époque. Selon lui « plusieurs secteurs sont touchés par la corruption en RDC. Mais la banque reste l’un des secteurs qui permet de matérialiser cette corruption même si une autre partie de cette corruption se fait en liquide. Le maître mot pour pouvoir limiter cette corruption, c’est déjà de mettre fin à l’impunité. Il est très important de remettre sur pied la Cour des comptes et de renforcer la protection des lanceurs d’alerte.« 

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Pour l’heure, les organisations de lutte contre la corruption déplorent le peu de conséquences judiciaires de ce genre d’affaires en RDC. Joseph Kabila et ses proches, cités dans plusieurs dossiers, ne sont en effet toujours pas inquiétés.




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