Brouille entre la Minusca et le gouvernement centrafricain | Afrique | DW

Les tirs de la garde présidentielle ont blessé une dizaine de policiers du contingent égyptien de la Minusca, situé à quelques dizaines de mètres de la résidence présidentielle. Une agression condamnée par la Minusca alors que le gouvernement centrafricain réclame des explications de la part des Nations unies.

C’est à un épisode inédit et dangereux auquel les voisins de la résidence présidentielle ont assisté lundi. Mais cet incident n’est pas le premier dans la coopération difficile entre l’armée centrafricaine et la Minusca. Mais sa gravité met en lumière une irritation grandissante.

Classée deuxième pays le moins développé au monde par l'ONU, la Centrafrique a été plongée dans une guerre civile sanglante après un coup d'Etat en 2013.

Classée deuxième pays le moins développé au monde par l’ONU, la Centrafrique a été plongée dans une guerre civile sanglante après un coup d’Etat en 2013.

D’abord, il y a la version des faits qui varie en fonction des deux camps. La Minusca impute, pour sa part, la responsabilité des tirs aux éléments de la garde présidentielle. Selon la Mission onusienne, ce sont eux qui auraient ouvert le feu sur le bus transportant les éléments de la police du contingent égyptien. 

“Dix casques bleus non armés de l’unité de police constituée d’Egyptiens de la Minusca ont été blessés par balle dont deux grièvement, dans l’après-midi du lundi 1er novembre à Bangui, par des éléments de la garde présidentielle”, a fait savoir Vladimir Monteiro porte-parole de la Minusca.

Réaction du gouvernement

Pour le porte-parole de la Minusca, c’était une attaque délibérée et inqualifiable : “Ceux-ci étaient arrivés le 1er novembre à l’aéroport international de Bangui M’poko dans le cadre de rotation périodique et du déploiement des troupes en RCA. L’unité constituée de police a essuyé des tirs nourris de la garde présidentielle sans sommation préalable, ni riposte aucune, alors qu’ils n’étaient pas armés. Dans sa tentative de retrait de la zone, le bus a heurté une femme qui a perdu la vie”.

Sylvie Mbaïpo-Temon, la ministre des Affaires étrangères de Centrafrique.

Sylvie Mbaïpo-Temon, la ministre des Affaires étrangères de Centrafrique.

Le gouvernement n’est pourtant pas d’accord avec la description des faits présentée par le porte-parole de la Minusca. 

“Nous ne savons pas pour quelle raison jusqu’à aujourd’hui – et la Minusca doit pouvoir nous éclairer sur cette situation – ce véhicule s’est retrouvé à proximité du domicile du président absent du pays, à faire des photos. Ce qui est totalement interdit. Donc la garde présente leur a demandé de cesser cela et ils ont pris la fuite. Et en démarrant en trombe pour repartir à leur caserne, ils ont heurté une jeune fille prise de panique, elle s’est retrouvée en face du véhicule qui prenait la fuite pour ne pas répondre aux instructions des forces de sécurité. Le gouvernement et la Minusca nous devons en tout cas, des explications à la famille”, a décrit Sylvie Baïpo Témon,  ministre des Affaires étrangères qui exige de la Minusca, des explications.

Cet incident tragique survient dans un contexte où l’Onu exige du président Touadera de se séparer des paramilitaires russes du groupe “Wagner”. Mais aussi et surtout à quelques jours du renouvellement du mandat de la Minusca, dont le gouvernement souhaite une évaluation avant de donner son accord. 

Le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a déploré mi-octobre les entraves faites à la mission en Centrafrique dans l’exercice de son mandat.




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