Bénin : le rayonnement régional de l’université de Parakou | Afrique | DW

Il y a encore 20 ans, le Bénin ne disposait que d’une seule université publique. Elle était dénommée UNB, pour Université nationale du Bénin’, et plus de 80.000 étudiants de tous horizons la fréquentaient. Pour la désengorger et surtout de décentraliser l’enseignement supérieur dans le pays, un second pôle universitaire, dans la ville de Parakou, à environ 450 kilomètres de Cotonou, a vu le jour en 2001. 

Créée sur les cendres d’une ancienne école normale intégrée qui formait les instituteurs, l’université de Parakou est devenue une grande attraction de l’enseignement supérieur. Tout le monde est unanime sur le fait qu’elle a énormément contribué à changer le visage de la ville qui l’abrite et le quotidien de ses habitants. La présence des étudiants, des enseignants, du personnel et des infrastructures est un atout considérable. 

5.000 étudiants

Jean-Nazaire Tama a dirigé plusieurs années la faculté de droit. Pour lui, « nous sommes à l’ère de la décentralisation administrative et la faculté de droit accorde son expertise aux différentes collectivités locales du septentrion. Nous avons une faculté d’agronomie, nos professeurs essayent d’aider les éleveurs et les agriculteurs à travers le stage des étudiants qu’on organise. Il faut faire en sorte que cette université soit utile. » 

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Quelque 5.000 personnes étudient actuellement dans cette université. Plus de la moitié d’entre elles sont issues des quatre départements du nord du Bénin, dont les localités sont très éloignées des réalités des grands centres urbains. 

Pour l’ancien étudiant Lafia Simé, cette université est une chance. « Quand vous prenez le septentrion en général, en majorité les populations ne sont pas assez nanties et beaucoup prennent Cotonou comme une ville très difficile à vivre. Les études s’arrêtaient pour la plupart des personnes au niveau du baccalauréat et ils retournaient au village pour faire le champ. C’est mon cas », explique-t-il. 

« Une boussole pour la sous-région »

Lafia Simé, inscrit en 2006, faisait partie de la deuxième promotion de la faculté de droit à l’université de Parakou. A la suite d’une maîtrise, il est sorti titulaire d’un master en administration des services publics et s’occupe aujourd’hui de la gestion des stades de la ville. « Mon papa était un fonctionnaire de classe moyenne. J’étais pas le seul garçon de la famille et il n’aurait pas pu nous supporter si entre-temps l’université de Parakou n’avait pas été créée. »

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Le professeur Jean-Nazaire Tama estime que l’importance de l’université de Parakou va au-delà des frontières du Bénin. « Nous recevons des étudiants du Niger, du Burkina Faso, du Togo. J’ai des étudiants ivoiriens, j’ai eu des étudiants haïtiens à l’université de Parakou, les étudiants nigériens sont là par centaines. Cette université-là est une boussole pour la sous-région, du nord du Bénin et de l’Afrique de l’Ouest », raconte le professeur.

Malgré ses 20 ans l’université a encore des défis à relever, notamment par rapport au déficit du personnel et à l’amélioration de la qualité de l’enseignement. 




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