Au Tchad, un retour de présumés ex-rebelles qui ne convainc pas | Afrique | DW

Ils sont une vingtaine d’opposants se présentant comme des anciens membres de la rébellion de l’Union des forces de la résistance (UFR). Ils ont regagné ce mardi (24.08.2021) N’Djamena, la capitale tchadienne. 

Selon eux, ce retour est rendu possible par la politique de la main tendue des autorités de la transition militaire. Or pour la direction de l’UFR,  ces Tchadiens ne font plus partie de leur rang depuis longtemps.

‘’Nous rentrons chez nous au Tchad parce que dernièrement le président Mahamat Idriss Déby a encore réitéré son appel pour la paix. Donc nous acceptons sa main tendue. Nous avons décidé maintenant de rentrer dans notre pays et nous sommes de bonne foi. Nous sommes un groupe d’une vingtaine de cadres civils et militaires de l’UFR avec plusieurs de nos frères d’armes‘’, justifie Doki Warou, ancien conseiller politique de l’Union des forces de la résistance (UFR) qui conduit la délégation.

>>> Sur le même sujet : Tchad : Timan Erdimi et Abakar Tollimi prêts à rentrer

L’UFR est une coalition de huit mouvements rebelles tchadiens fondée en 2008 et dirigée par Timan Erdimi, un neveu du défunt président Idriss Déby Itno.

Selon Doki Warou, ce retour après de nombreuses années d’exil, est à mettre au crédit des autorités de la transition militaire.

Désaccord au sein du mouvement

Faux, rétorque pourtant le président de l’UFR Timane Erdimi qui n’a pas voulu parler au micro. ‘’L’UFR n’accorde aucune importance à ce ralliement sans conditions d’individus qui ont coupé tout contact avec la base depuis belle lurette », a-t-il fait savoir.

Le porte-parole de l’UFR est également du même avis. Mais Youssouf Hamid Ishagh reconnaît toutefois que l’une des personnes de retour au Tchad est effectivement de l’UFR. « Parmi ces frères figure Mahamat Hano, notre ancien camarade de lutte et cadre de l’UFR. Les restes sont des frères tchadiens qui ne sont pas des éléments de l’UFR. Puisque pour être un membre de l’UFR il faut forcément appartenir à un des mouvements composants l’UFR. Ce qui n’est pas le cas des autres », insiste-t-il.

Des doutes émanant de la société civile

La société civile tchadienne dénonce un choix sélectif de ralliement des opposants exilés, financé à coup de milliards.

Sosthène Mbernodji, le secrétaire général du Mouvement citoyen pour la préservation des libertés s’interroge d’ailleurs : « Combien leur a-t-on donné ? Personne ne le saura ».

Et de poursuivre : « Ceux qui sont rentrés, c’est à coup de milliards qu’on leur a donnés. Donc qu’on arrête de faire du marchandage avec ce genre d’accords. Que les gens rentrent une fois de manière sincère et qu’on évolue. On craint que ces mêmes personnes restent un temps et puis retournent en brousse pour faire monter les enchères ».

Aucun des membres du gouvernement de transition militaire contacté n’était disponible pour réagir à ce sujet.




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