Un congrès ‘‘au chevet’’ de la planète

LE CONGRÈS MONDIAL DE LA NATURE POURSUIT SES TRAVAUX

Reporté deux fois pour cause de pandémie, le congrès mondial de la nature de l’UICN se tient en ce moment à Marseille. Il rassemble 5000 participants, dont 3600 en présentiel. Il s’agit du plus grand rassemblement mondial pour la protection de la nature. Il réunit plusieurs milliers de participants parmi lesquels des gouvernants, des scientifiques, des ONG, des représentants des peuples autochtones, des responsables politiques, des chefs d’entreprises mais aussi des membres de la société civile. Il se tient tous les quatre ans. Le dernier s’est déroulé du 1er au 10 septembre en 2016 à Hawaï (USA).

Il revêt une importance capitale car il se tient après la publication de deux rapports scientifiques récents, celui du GIEC (2020 climat) et celui IPBES (2019 biodiversité) très alarmants sur l’état de la biodiversité en déclin et devance deux grands rendez-vous, celui de la COP 26 sur le climat le mois prochain à Glasgow et la COP15 sur la biodiversité à Kunming, en Chine, en avril-mai 2022.

Le Congrès de l’UICN, qui est la plus grande plateforme démocratique de prise de décision environnementale, votera une centaine de motions pour un redéploiement des actions, notamment sa stratégie de la décennie 2020-2030, l’actualisation de sa Liste rouge et l’extension de la superficie mondiale des aires protégées terrestres et marines. Pour le politique, c’est placer la crise de la biodiversité au même niveau que la crise climatique car les deux sont liées. «La planète est mourante et il n’y a pas de vaccin ! », crie la société à l’intention des dirigeants du monde, pusillanimes devant les défis des crises environnementales. Avec 68% des espèces vivantes qui ont déjà disparu entre 1979 et 2015, les scientifiques parlent d’une sixième extinction en référence à celles, naturelles, qui ont jalonné l’histoire de la Terre.

Le dernier rapport de 2019 de l’IPBES (plateforme intergouvernementale scientifique sur la biodiversité et les services écosystémiques) fait état «d’un taux d’extinction des espèces vivantes sans précédentqui s’accélère ». Il est 1000 fois supérieur au taux naturel d’extinction et exclusivement causé par les activités humaines.

La superficie de la planète est de 450 millions de km2² dont 150 millions terrestres et le double marins. À ce jour, 75 % du milieu terrestre sont sévèrement altérés par les activités humaines, de même que 60 % du milieu marin. Dans le même temps, avec l’explosion des échanges commerciaux, des transports maritimes et du réchauffement climatique, l’invasion des milieux naturels par les d’espèce exotiques qui éliminent les espèces locales, a augmenté de 70%.

Génération

On dit encore que «nos enfants ne verront plus les animaux que dans les zoos et les plantes les jardins botaniques » ou connaîtront des « printemps silencieux » pour reprendre le titre du livre de Rachel Carson qui a lancé le mouvement écologiste dans le monde occidental dans les années 1960.

Et les nouvelles ne sont décidément pas très bonnes. Un tiers des espèces animales et végétales pourrait disparaître dans les 50 années à venir avec un demi-million d’insectes en danger de disparition. Des alertes données par des chercheurs qui travaillent sur les effets du changement climatique avec 600 espèces végétales et animales dans près de 600 sites répartis sur l’ensemble du globe. Etudiées deux fois à dix années d’intervalle, les résultats ont montré que 44% de ces espèces ont disparu.

En effet, le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité sont intimement liés.

Cependant, ce ne serait pas une fatalité et totalement irréversible. La pandémie de la Covid-19, avec le ralentissement des activités économiques qu’elle a un moment engendré, a montré que les milieux naturels et leurs locataires pouvaient assez rapidement récupérer les espaces envahis et, à l’inverse, on a également observé que là où on accélère les actions en faveur de la biodiversité, on apporte une solution au réchauffement climatique.

Si les deux crises globales du climat et de la biodiversité sont interdépendantes, l’une et l’autre «assurent les moyens de subsistance durable et la sécurité alimentaire à la population mondiale croissante», a déclaré le directeur général de l’UICN, le Dr Bruno Oberleselon, une nouvelle étude co-écrite de l’UICN lancée aujourd’hui lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille. Plus de 70 espèces sauvages apparentées à certaines des cultures les plus importantes du monde sont menacées d’extinction. Ces plantes, originaires du Mexique, du Guatemala, du Salvador et du Honduras, fournissent des ressources génétiques nécessaires à la sélection de cultures dans le monde entier.

Méditerranée

La méditerranée est l’un des 36 points chauds de la biodiversité globale, une zone biogéographique, terrestre ou marine, possédant une grande richesse de biodiversité, particulièrement menacée par l’activité humaine. Ils contiennent au moins 1500 espèces végétales endémiques, qui n’existent pas ailleurs, et ont perdu au moins 70% de leurs milieux naturels. Balcon de la Méditerranée, l’Algérie y occupe une place de choix.

On lui reconnaît une grande richesse de sa faune et de sa flore car les inventaires des espèces et des milieux sont faits depuis des siècles mais on ne connaît plus du tout l’état des populations et celui de leurs habitats, à part peut-être celui des oiseaux d’eau. Les rapports nationaux prétendent faire beaucoup de choses mais chacun sait qu’on ne peut gérer ce que l’on ne connaît pas.

Slim Sadki
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