Quand les serpents sont source de conflit en Guinée | Afrique | DW

En Guinée, un centre de recherche sur les serpents existe depuis près de 20 ans. C’est le centre de recherche de Pastoria, situé à dix kilomètres de Kindia. Les chercheurs de ce centre ont identifié 105 espèces de serpents évoluant sur tout le territoire guinéen. Ceux-ci travaillent pour produire un sérum antivenimeux. Mais le souci est que certains riverains se plaignent de la présence de serpents dans les villages environnants. Ils estiment que ces serpents se sont échappés du centre de Pastoria.

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Dans le centre de recherche de Pastoria, des chercheurs s’intéressent aux différents types de serpent en Guinée. Depuis 1996, Mamadou Cellou Balde travaille sur le venin de serpent afin d’avoir des antidotes pour guérir des morsures. 
« Nous avons mené des recherches pour deux raisons. D’abord connaître la faune des serpents, ensuite voir ceux qui sont à l’origine de morsures graves et mortelles. Parmi eux, il va sans dire que nous allons extraire des venins. Nous avons extrait des venins dans le but de produire un sérum antivenimeux guinéen. On n’est pas encore arrivé malheureusement à cet objectif mais nous y travaillons » explique t-il.

 Les chercheurs du centre de recherche de Pastoria travaillent avec les serpents pour produire un sérum antivenimeux (photo d'illustation)

Les chercheurs du centre de recherche de Pastoria travaillent avec les serpents pour produire un sérum antivenimeux (photo d’illustation)

Des plaintes

Les populations riveraines indiquent qu’il y aurait une recrudescence des serpents dans les environs du centre. 
Certains habitants affirment que les morsures de serpent sont devenues récurrentes dans les localités environnantes. D’autres, comme Mamadouba Camara, se disent même convaincus que des serpents se sont échappés du centre de recherches. 
« Nous avons appris qu’au départ des blancs, ils ont libéré des serpents. Nous ne savons pas si ce sont les mêmes serpents. Peut-être que ce sont ces serpents-là qui se sont reproduits. Nous, nous sommes en brousse et il y a beaucoup de serpents chez nous. Quand vous partez dans des endroits vous rencontrez des serpents un peu partout. Nous avons même peur parfois » précise t-il.

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Une autre origine

Le chercheur Mamadou Cellou Balde assure toutefois qu’aucun serpent ne s’est échappé du centre de recherche de Pastoria. 
Il parle plutôt d’un coopérant français qui a libéré des serpents dans la préfecture de Dubréka, située non loin de Pastoria.   

 » S’il y a des serpents qui se sont évadés, ce n’est pas ici à Pastoria. Les serpents se sont évadés ou bien ils ont été libérés à Koba, dans la préfecture de Dubréka. Un expatrié faisait de l’agriculture là-bas et il aimait l’élevage des serpents. La France a décidé de faire partir ses concitoyens. Alors, lui, il n’avait d’autre choix que de libérer les serpents au lieu de les tuer. Il est difficile pour quelqu’un qui élève un animal de le tuer sans raison, donc il les a libérés. C’est là-bas ce n’est pas ici » précise le chercheur. 
Après des vérifications sur le terrain, les chercheurs de Pastoria ont pu identifier 105 espèces de serpents en Guinée. A cette date, 28 espèces de serpents vivants sont gardées pour des raisons d’expérimentation de venins au centre de Pastoria à Kindia.




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