Pression sur des ONG dans des pays en conflit | Afrique | DW

Au Cameroun, le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji revient à la charge contre les organisations non gouvernementales étrangères. Celles-ci doivent fournir d’ici à la fin du mois de septembre, des informations sur leurs activités et les contrats de travail de leurs employés locaux.

Pour l’autorité gouvernementale, il s’agit de faire respecter la loi camerounaise.

Or la mesure est perçue comme une nouvelle pression du gouvernement sur ces ONG.

Des mesures similaires existent dans d’autres pays où les autorités accusent les ONG de coopérer avec l’ennemi.

Pourtant, lorsque des mesures gouvernementales conduisent à la cessation d’activités de ces organisations, les populations voient leurs difficultés s’aggraver dans certains cas. 

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Coopération avec des groupes armés ?

Dans un témoignage écrit, adressé à la DW, l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a affirmé avoir arrêté ses activités dans la région du Nord-Ouest du Cameroun après une réaction du gouvernement qui a demandé que cette ONG clarifie le cadre de sa coopération avec le ministère de la Santé. Selon MSF, la vraie intention du gouvernement camerounais est d’empêcher ses activités qu’il juge favorables aux groupes armés.

Sur notre antenne, le responsable de l’ONG pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, Dorian Job, assure au contraire que pour les médecins, « un patient est un patient », avant d’être le partisan d’une cause politique quelle qu’elle soit.

Au Burundi, l’organisation Handicap International devait arrêter de travailler en 2019 après s’être opposée à une décision du gouvernement qui a voulu imposer des quotas ethniques dans le recrutement du personnel local.

En juillet, cette fois en Ethiopie, trois ONG dont Médecins Sans Frontières ont été suspendues par les autorités qui leur reprochaient d’embaucher du personnel étranger sans autorisation et d’avoir propagé des fausses informations sur les réseaux sociaux.

>>> Lire aussi : Le Tigré : un conflit qui dure en Ethiopie

Pour l’analyste Befekadu Hailu, la réaction des autorités d’Addis Abeba est en fait liée à la crise dans la province du Tigré.

Guerre de communication

« Le gouvernement craint de perdre la guerre de communication et pense que la communauté internationale apporte un soutien au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). En général, je pense que le gouvernement est dans la paranoïa. Toute tentative de la communauté internationale pourrait être considérée comme un soutien apporté au TPLF », pense Befekadu Hailu qui signe aussi des chroniques pour la DW.

Les décisions semblabes à celle de la suspension d’activités d’ONG prises par des gouvernements sont souvent critiquées, même par les populations. Dans la plupart des cas, il s’agit d’organisations à but humanitaire dont les services pallient l’absence d’appui social de la part de l’Etat.

C’est le cas dans le Nord du Cameroun, plongé dans un conflit séparatiste. Beaucoup de personnes n’arrivent pas à payer les frais d’hôpitaux. Les centres de santé sont eux-mêmes endettés.

« Depuis 2018, il y avait 72 millions de francs de factures impayées, ce qui signifie que les personnes traitées sont arrivées avec des urgences chirurgicales, des traumatismes, des blessures par balles ou suite à des accidents de la route. Ils ont été soignés et les factures sont restées impayées », confie Denis Nsame, le directeur de l’hôpital de Bamenda.

Dans ces conditions, le retrait des ONG augmente généralement la peine des populations démunies.




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