Poutine critique la politique de «colonisation» américaine et évoque sa stratégie — RT en français


Expliquant vouloir éviter une «désintégration» de l’Afghanistan, le président russe est revenu sur l’échec de la stratégie mise en place par Washington, qu’il a comparée à celle des «missionnaires» à l’époque de la colonisation.

Interrogé au sujet du dossier explosif de l’Afghanistan lors de la session plénière du Forum économique de Vladivostok ce 3 septembre, Vladimir Poutine a livré son analyse de l’échec de la stratégie américaine. Le président russe a par ailleurs abordé sa vision de l’avenir des relations avec les nouvelles autorités afghanes, alors que les Taliban, qui ont repris la main sur le pays, doivent annoncer un gouvernement prochainement.

Impossible d’«imposer par la force» la démocratie, selon Poutine

Le chef d’Etat a insisté sur la «catastrophe humanitaire» en cours en Afghanistan, soulignant que les Etats-Unis y avaient «dépensé 1 500 milliards de dollars» pour n’obtenir aucun résultat.

Vladimir Poutine s’est alors interrogé sur l’impact réel qu’aurait, ou non, le mea culpa des autorités américaines. «Cela marque-t-il la fin de l’hégémonie de l’Occident ?», a interrogé le président russe, estimant que des «leçons» devaient en effet être tirées des «erreurs» commises. «Pourtant [les Occidentaux] continuent à faire la même chose avec d’autres pays. Que sont les sanctions ? C’est la continuité de la même politique d’imposer des normes», a-t-il noté.

Jugeant «erronée» cette politique consistant à vouloir imposer certaines valeurs, Vladimir Poutine a alors comparé la stratégie américaine à celle qui était employée à l’époque de la colonisation par les «missionnaires catholiques». Soulignant que derrière le motif de la «civilisation» se cachait en réalité le but de «promouvoir le catholicisme» lors de cet épisode historique, Vladimir Poutine est revenu à l’actualité afghane : «Dans ce cas, c’est une colonisation qui n’est pas spirituelle, mais une tentative de maintenir son influence en promouvant la démocratie.»

Et le chef d’Etat de conclure sur ce point : «Si un peuple a besoin de la démocratie, il y viendra de lui-même. Ce n’est pas la peine de la lui imposer par la force.»

Quelques jours plus tôt, Vladimir Poutine avait déjà déploré la tentative de Washington d’«implanter [ses] normes et standards de vie», dénonçant une «tragédie» et des «pertes» principalement pour l’Afghanistan, mais également côté américain.

Reconnaître les Taliban ?

Sur la question d’une éventuelle reconnaissance des Taliban, qui sont considérés comme un groupe terroriste en Russie, le dirigeant russe s’est voulu pragmatique. 

Pointant du doigt le danger représenté, pour son pays, par la dégradation de la situation sur place, Vladimir Poutine a souligné : «La Russie n’est pas intéressée par la désintégration de l’Afghanistan.»

Insistant sur le fait que le mouvement islamiste avait mis la main sur la quasi-totalité du territoire afghan, à la faveur du retrait américain, il a estimé : «Aujourd’hui, les Taliban ont le contrôle [donc] nous devons partir de ces réalités.»

«[Si l’on assiste à une désintégration du pays] il n’y aura personne à qui on pourrait parler. Et si tel est le cas, alors il faut penser que plus tôt les Taliban entreront, pour ainsi dire, dans la famille des peuples civilisés, plus il sera facile de les contacter, de communiquer et d’exercer une influence, de poser des questions [et de leur faire entendre que] dans le cadre de ces relations civilisées, certaines règles civilisées doivent être observées», a poursuivi Vladimir Poutine.


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