Pour aller à Wall Street, les entreprises chinoises devront laisser leurs données à la maison — RT en français


Pékin est de plus en plus sourcilleux sur les données détenues par les grandes entreprises chinoises. Celles qui voudront s’introduire en Bourse à l’étranger pourraient avoir à confier la gestion de leurs données à des entreprises d’Etat.

Selon l’agence Reuters, les régulateurs chinois envisagent d’imposer aux entreprises qui brassent un grand nombre de données qu’elles en confient la gestion et la supervision à des entreprises tierces si elles souhaitent s’introduire en Bourse à l’étranger. Idéalement ces sociétés tierces seraient soutenues par l’Etat. Selon les sources citées par le bureau de Hong Kong de l’agence, un des buts serait de limiter le transfert de données chinoises à l’étranger.

Cette proposition renforcerait un arsenal de nouvelles dispositions chinoises sur l’utilisation et le stockage de données par les grandes entreprises, adoptées le 20 août dans le cadre de la Loi sur la protection de l’information personnelle, la RGPD chinoise. Elle répondrait aussi aux inquiétudes croissantes de Pékin qui redoute qu’une introduction en Bourse à l’étranger contraigne ces entreprises chinoises à transmettre certaines de leurs données à des entités étrangères, portant atteinte à la sécurité nationale.

En juillet, les autorités chinoises ont limité l’expansion en Chine de Didi, le Uber national, au lendemain de son introduction en bourse à New York. Selon Reuters, Didi est actuellement en pourparlers avec la société d’Etat chinoise spécialisée dans la sécurité de l’information, Westone Information Industry, pour gérer ses activités de gestion et de surveillance des données. Et au début du mois de juillet, le CAC a proposé un projet de réglementation appelant les entreprises comptant plus d’un million d’utilisateurs à subir des examens de sécurité approfondis avant de tenter de s’introduire en Bourse à l’étranger et notamment à celle de New York.

Aux Etats-Unis la question des données des entreprises chinoises, dans le cas d’introduction à Wall Street semble avoir été anticipée. Ainsi, le 30 juillet, la Security & Exchange Commission (SEC), le gendarme de la bourse des Etats-Unis, a annoncé qu’elle n’autoriserait pas les entreprises chinoises à lever des fonds aux Etats-Unis à moins qu’elles n’expliquent pleinement leurs structures juridiques et ne révèlent le risque que Pékin interfère dans leurs activités. Dans un communiqué, le président de la Securities and Exchange Commission, Gary Gensler, a déclaré qu’il avait également réclamé au personnel de l’autorité de régulation des «examens supplémentaires ciblés des dossiers pour les entreprises ayant des opérations importantes en Chine».

37 introductions en Bourse pour 12,6 milliards de dollars

Un total de 37 entreprises chinoises ont levé 12,6 milliards de dollars via des introductions en bourse aux Etats-Unis jusqu’à présent cette année, soit près du double des 6,6 milliards de dollars levés à la même période l’année dernière. Ces dernières années, le gouvernement chinois a de plus en plus considéré les données des utilisateurs comme essentielles à la stabilité financière et sociale du pays. En janvier, il a poussé les géants de la technologie, notamment Ant Group, Tencent et JD.com, à partager les données des prêts à la consommation au motif de lutter contre le surendettement et la fraude.


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