Paris veut approfondir sa «relation de confiance» avec New Delhi dans l’Indo-Pacifique — RT en français


Alors que la France est en crise diplomatique avec l’Australie au sujet de l’annulation d’un contrat d’armement, le ministre des Affaires étrangères a affiché la bonne relation entretenue avec l’Inde, autre acteur important de la zone indo-pacifique.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a convenu avec son homologue indien Subrahmanyam Jaishankar d’approfondir le partenariat stratégique entre la France et l’Inde, «fondé sur une relation de confiance politique entre deux grandes nations souveraines de l’Indo-Pacifique», a communiqué le Quai d’Orsay le 18 septembre à l’issue d’un entretien téléphonique entre les deux hauts diplomates.

Toujours selon Paris, les deux ministres vont se revoir à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies du 21 au 27 septembre, «pour travailler sur un programme commun d’actions concrètes pour défendre ensemble un ordre international réellement multilatéral».

Cette mise en avant de la bonne relation franco-indienne survient alors que la France vient d’essuyer un camouflet diplomatique, avec l’annulation par l’Australie le 15 septembre d’un gigantesque contrat de fournitures de sous-marins, le pays d’Océanie préférant désormais se tourner vers les Etats-Unis et le Royaume-Uni dans le cadre d’un vaste partenariat de sécurité dans la zone indo-pacifique face à la Chine.

Une coopération militaire accrue

Or, la France, qui vient de rappeler ses ambassadeurs à Washington et Canberra, travaille de longue date à déployer des moyens militaires dans cette région où elle compte 1,65 million d’habitants à travers ses territoires d’outre-mer. Pour s’affirmer dans «le centre de gravité de l’économie mondiale» (dixit le Quai d’Orsay), Paris vise notamment des partenariats avec d’importants acteurs de la zone. La relation avec New Delhi s’inscrit dans ce contexte, avec un rapprochement ces dernières années matérialisé par la vente en 2016 de 36 avions Rafale, des opérations militaires conjointes dans l’océan Indien, ou encore l’ouverture à la marine indienne de ses bases à Djibouti, aux Emirats et à la Réunion.

L’Indo-Pacifique compte «de nombreux « poids moyens » : des pays significatifs qui ne sont ni la Chine ni les Etats-Unis, et qui, en travaillant ensemble, peuvent peser sur l’équilibre de pouvoir», a récemment souligné le chercheur australien Rory Medcalf dans le livre L’empire indo-pacifique (Manchester University Press, 2020). Parmi ces puissances intermédiaires, l’Inde donc, à qui la France fait la danse du ventre, en témoigne la visite du 12 au 15 avril de Jean-Yves Le Drian à New Delhi et Bengalore. A l’époque, il s’agissait «d’afficher pour la première fois un dialogue trilatéral, à un niveau ministériel, entre la France, l’Inde et l’Australie […] face à l’étau des tensions sino-américaines», expliquaient les correspondants du Monde. Depuis, Canberra a quitté le triangle. Et Paris ne veut pas en plus perdre New Delhi.


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