Paris et Moscou saluent la formation d’un gouvernement un an après l’explosion de Beyrouth — RT en français


Un nouveau gouvernement a été mis en place au Liban après 13 mois d’incertitude et une crise profonde. Salué à l’étranger, ce changement était une condition préalable à l’obtention de l’aide internationale que le Liban réclame.

Le Liban s’est doté, le 10 septembre, d’un nouveau gouvernement après 13 mois d’attente marqués par d’interminables tractations politiques ayant aggravé une crise économique inédite qui a fait sombrer des millions de Libanais dans la pauvreté. L’annonce a été faite à l’issue d’une rencontre entre le président Michel Aoun et le Premier ministre désigné, Najib Mikati.

Emmanuel Macron a salué plus tard dans la journée l’«étape indispensable» que constitue, selon lui, la formation d’un nouveau gouvernement au Liban pour «sortir le pays de la crise profonde dans laquelle il se trouve». Le président français, qui s’était impliqué dans le dossier libanais, «se félicite de la formation» de ce nouveau gouvernement. 

Il a par ailleurs souligné «la nécessité que l’ensemble des responsables politiques se conforment aux engagements qu’ils ont pris de permettre la mise en œuvre des réformes nécessaires pour préparer l’avenir du Liban et permettre à la communauté internationale de lui apporter une aide décisive».

La mise en place d’un nouveau gouvernement était une condition préalable à l’obtention de l’aide internationale dont le Liban a cruellement besoin, mais reste à savoir si cette équipe sera en mesure de mener à bien les réformes demandées et de sauver le pays de la faillite.

Présentant «des vœux de succès» au Premier ministre désigné, Najib Mikati, Emmanuel Macron, qui s’était rendu à Beyrouth après l’explosion du port en août 2020 puis organisé à la suite deux conférences internationales d’aide, se dit «engagé au côté de tous les Libanais» et «continuera d’agir pour la paix, la prospérité et la stabilité du Liban», a ajouté l’Elysée.

La Russie et l’ONU louent une étape «importante»

De son côté, Moscou a salué dans un communiqué une «étape importante sur la voie de la stabilisation de la situation politique au Liban et la création des conditions nécessaires pour la sortie du pays de la crise sociale et économique». «Nous réaffirmons la position ferme […] de la Russie en faveur de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale du Liban, de la nécessité que toutes les questions inscrites à l’agenda national de ce pays ami soient résolues par les Libanais eux-mêmes sans ingérence extérieure», est-il ajouté. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres estime pour sa part qu’il s’agit d’«une étape très importante» pour le pays, en souhaitant «le meilleur succès» au Premier ministre Najib Mikati.

«Bien sûr, ce n’est pas suffisant, il y a beaucoup d’autres choses à résoudre mais c’était la condition de base pour que tout le reste soit possible», a ajouté le chef de l’ONU lors d’une conférence de presse, en indiquant avoir déjà travaillé dans le passé avec Najib Mikati alors qu’il était lui-même Haut commissaire pour les réfugiés des Nations unies.

Un gouvernement de technocrates

«Je souhaite qu’il soit capable de rassembler les différentes communautés libanaises et les différentes forces politiques libanaises afin de s’assurer que le Liban soit capable de surmonter la situation dramatique qu’il traverse actuellement», a déclaré Antonio Guterres.

Nommée par les partis au pouvoir, la nouvelle équipe (24 membres), qui doit tenir sa première réunion le 13 septembre, comporte plusieurs nouveaux visages et une seule femme.

Parmi eux figurent des technocrates comme Firas Abiad, directeur de l’hôpital gouvernemental, Rafic Hariri, fer de lance de la lutte anti-Covid, ou encore Nasser Yassine, professeur et directeur de l’Observatoire des crises à l’Université américaine de Beyrouth. 

La formation d’un cabinet de spécialistes totalement indépendants du monde politique, accusé de corruption, a longtemps été réclamée par la rue ainsi que par certaines puissances étrangères, la France en tête, impliquées dans le dossier libanais. 


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