Niger : la récurrence des attaques djihadistes inquiète des élus | Afrique | DW

Comme les autres pays du Sahel, le Niger est confronté à une série d’attaques djihadistes meurtrières. En l’espace d’un mois, 98 civils et 19 gendarmes ont été tués dans trois des six départements de la région de Tillabéri.

Dans leur déclaration, ces députés se sont dit très préoccupés par la récurrence des attaques djihadistes, surtout dans la région de Tillaberi, située dans la zone dite des « trois frontières » entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali. 

Des soldats Nigériens traquant les islamistes de Boko Haram à Bosso (sud-est du Niger)

Des soldats Nigériens traquant les islamistes de Boko Haram à Bosso (sud-est du Niger)

Cette zone est le théâtre depuis des années d’actions sanglantes de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique, commises contre des civils et des militaires.

S’il salue l’appel lancé par ces élus, Moussa Aksar, directeur de publication du journal l’Evénement à Niamey, indique qu’ils « auraient dû se réveiller plus tôt. » 

Usage des véhicules à deux roues

Autre demande des députés de la région de Tillabéri : revoir les mesures de l’état d’urgence qui interdit l’usage des motos par les populations, une mesure qui handicape économiquement les communautés et rend difficile l’accès aux centres de santé notamment.
Pourtant, Boukari Guindo, sociologue et vice-président de la jeunesse Ginna Dogon (l’association malienne pour la protection et la promotion de la culture dogon au Mali) estime que les armées de la région devraient plutôt s’adapter aux nouvelles stratégies des djihadistes, en utilisant eux aussi par exemple les véhicules à deux roues. Selon lui,  « les armées régulières ont à gagner à en faire autant, sinon il faudrait inventer d’autres stratégies. Il faut opérer plus souvent avec ces engins à deux roues : les motos que ces djihadistes utilisent. Le déplacement n’est pas adapté avec les voitures. Il est plus facile pour ces gens-là de se faufiler à moto et de surprendre nos armées pour commettre des forfaits. Nous avons aussi une unité méhariste, par exemple, le dromadaire était utilisé dans l’armée malienne. Ça vient en complément à ce que les armées utilisent déjà ».

Stratégie inefficace

Cette stratégie a déjà été utilisé au Niger, sans grand succès, rétorque le journaliste Moussa Aksar.

Des femmes d'un village de la région de Tillabéri, dans l'ouest du Niger

Des femmes d’un village de la région de Tillabéri, dans l’ouest du Niger

Il indique que « des mesures sécuritaires ont été prises dans cette région ou l’Etat a renforcé, avec des moyens conséquents, la sécurité, ou des unités qui étaient statiques ont été déployés sur le terrain. C’est ce qu’on a appelé l’opération Almahaou (déclenchée par les forces armées nigériennes depuis 2019 et qui signifie Tourbillon en djerma, l’une des langues langue locale, ndlr) ».

Le directeur de publication du journal l’Evénement  ajoute que « l’Etat nigérien a péché en ne déployant pas de services de renseignement conséquents qui puissent informer ses unités sur les mouvements djihadistes. Mais aussi en ne déployant pas les hommes qu’il fallait devant ces unités pour mener des attaques d’envergure sur les points où se replient les djihadistes dans cette zone. »




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