«Les armées n’ont pas réglé la question terroriste, elles ont aggravé les choses», selon de Villepin — RT en français


L’ex-Premier ministre français est revenu sur le départ précipité de l’armée américaine d’Afghanistan pour dresser plus largement un bilan critique de la «guerre contre le terrorisme» menée par l’Occident depuis vingt ans.

L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a dressé ce 6 septembre un bilan sévère des vingt ans de présence américaine en Afghanistan. Sur France Inter, l’ancien diplomate qui avait prononcé le discours marquant le refus de la France d’intervenir en Irak en 2003 a souhaité en «tirer immédiatement trois leçons».

La première, c’est qu’il ne faut «pas d’intervention militaire qui ne soit pas ciblée, responsable, calibrée et délimitée» ; la seconde, que le concept de «guerre contre le terrorisme» est «une ânerie qui rajoute du terrorisme» ; la troisième enfin, que «ce n’est pas le rôle des armées d’assurer la responsabilité de protéger». Ainsi, pour Dominique de Villepin, vingt ans après le début de la guerre contre le terrorisme, «les armées non seulement n’ont pas réglé la question terroriste, mais elles ont aggravé les choses».

Les démocraties sont incapables de reconnaître publiquement leurs erreurs

L’ex-conseiller du président Jacques Chirac constate que «le résultat», c’est qu’«on croit protéger nos pays en allant là-bas», mais «on les expose encore plus et on empêche la mise en place de stratégies politiques», a-t-il estimé en prenant pour exemple la situation au Mali, où la France intervient depuis 2013 dans la région du Sahel. Dominique de Villepin a d’ailleurs regretté que «les leçons de nos échecs ne soient jamais tirées» : «Les démocraties sont incapables de reconnaître publiquement leurs erreurs. George Bush et Tony Blair n’ont jamais eu à rendre compte des méfaits de leur politique», a-t-il pointé au sujet des dirigeants américain et britannique qui ont lancé l’offensive en Irak en mars 2003.

Au sujet du retrait précipité des forces américaines d’Afghanistan, l’ancien chef du gouvernement français a contesté la méthode : «Dès lors que les Américains avaient signé un accord avec les Taliban à Doha, le signal du départ était donné […] Le départ des « envahisseurs » se fait toujours comme un château de cartes par un départ précipité», a-t-il souligné, se disant étonné par le fait «que les Américains eux-mêmes aient été à ce point-là impréparés pour découvrir cette réalité».


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