Le Rwanda accusé d’ingérence en Centrafrique | Afrique | DW

En Centrafrique, le président Faustin Archange Touadéra pourrait être tenté par un troisième mandat. 

La Constitution en vigueur lui interdit mais un projet de loi visant à réformer celle-ci est en cours d’examen à l’Assemblée nationale.

Dans ce dossier, le Rwanda, un allié du pouvoir centrafricain, est soupçonné de vouloir aider le président Touadéra dans cette tentative. C’est du moins l’accusation portée par le G16, un groupe de responsables politiques et de la société civile.

Cette accusation est soutenue par une partie de l’opposition rwandaise en exil mais démentie par les gouvernements rwandais et centrafricain.   

L’axe Bangui-Kigali 

L’axe de coopération Bangui-Kigali s’est renforcé ces dernières années et beaucoup d’investisseurs rwandais s’installent désormais en Centrafrique. Mais derrière cette coopération, l’opposition voit la volonté du président rwandais Paul Kagamé de s’ingérer dans la politique intérieure, notamment en finançant le projet de son homologue centrafricain qui serait de rester au pouvoir.

Ben Wilson Ngassan, secrétaire national et porte-parole de la plateforme G16, est formel au sujet de l’implication de Paul Kagamé dans la politique intérieure centrafricaine : 

« Le président rwandais reçoit depuis quelque temps les plus hautes autorités de la République centrafricaine et il a été question de traiter du changement de la Constitution en République centrafricaine. J’ai fait mes études au Rwanda et j’ai des informations qui me proviennent de là-bas et nous ne pouvons pas nous hasarder de faire une déclaration en portant des accusations aussi graves envers un pays frère. Aujourd’hui, on ne peut pas tolérer qu’un pays frère comme le Rwanda, aussi généreux soit-il, puisse s’ingérer dans les affaires intérieures de la République centrafricaine. »

« Colonisation » 

Une mise en garde relayée par l’opposition rwandaise en exil qui dit redouter les conséquences du rapprochement entre Bangui et Kigali. C’est ce qu’a indiqué Thomas Maïmana, un opposant qui vit en France.  

« La Centrafrique est un pays très intéressant pour Paul Kagamé et son équipe. Le pays regorge de ressources et ce qu’il veut faire c’est embrigader vos responsables, les décideurs centrafricains qui perdront leur liberté. Ils ont signé des accords miniers et avec Kagamé, cela commence toujours comme ça… Ce n’est pas une ingérence, c’est une colonisation. »  

Le gouvernement rwandais réfute  

Yolande Mokolo, porte-parole du gouvernement, a communiqué à la DW une réaction du ministre des Affaires étrangères rwandais, Vincent Biruta.   

Celui-ci affirme que « l’intervention du Rwanda en République centrafricaine est destinée au gouvernement et à ses institutions, et non à un individu. Le Rwanda ne peut en aucun cas être impliqué dans la politique intérieure de la RCA, encore moins dans le projet de modification de la Constitution de ce pays. »

Le président rwandais Paul Kagame lors d'un discours

Paul Kagame aurait des visées sur les ressources naturelles en Centrafrique

Même son de cloche côté centrafricain qui estime que la société civile fait un faux procès au Rwanda. Marcel Djimassé, ministre de la Fonction publique : 

« La coopération classique que nous avons avec d’autres pays qui ont des relations historiques avec nous n’a pas donné de résultats du point de vue sécuritaire. Aujourd’hui, avec la présence de l’allié rwandais et de l’allié russe, nous avançons vers une meilleure sécurisation du territoire et de nos citoyens. Mais ce n’est pas le Rwanda qui va imposer qu’on change la Constitution. »  

Le G16 projette une manifestation dans les jours à venir devant l’ambassade du Rwanda en France pour dénoncer non seulement l’ingérence mais aussi l’invasion du pays qui ferait craindre le spectre congolais.   




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