la statue d’esclave dégradée par un étudiant en art «sensible à la question décoloniale» — RT en français


La dégradation d’une statue d’esclave sur les quais de Bordeaux s’est révélée être «un moulage effectué par un étudiant en art, sans aucune autorisation», a annoncé la ville, qui avait porté plainte contre un acte jugé «vraisemblablement raciste».

Deux jours après que la mairie de Bordeaux a annoncé son intention de porter plainte contre X après la dégradation d’une statue d’esclave affranchi, y voyant un acte «vraisemblablement raciste», France 3 Nouvelle Aquitaine rapporte qu’un enseignant a averti la direction des affaires culturelles de la ville qu’il s’agissait en fait d’une «grosse bêtise d’un étudiant en art» qui voulait réaliser un moulage. 

Cette information avait déjà été annoncée la veille dans un communiqué de la ville, qui a expliqué avoir retiré la plainte après que l’étudiant a fait savoir «qu’aucune motivation raciste n’avait dicté cette action».

La découverte de la statue vandalisée avait ému les esprits le 13 septembre. L’esclave Modeste Testas, qui y est représentée, était en effet recouverte sur la tête et le buste d’une matière blanche alors qu’elle symbolise la mémoire de l’esclavage sur les quais de Bordeaux, ville au passé négrier.

La mairie, prompt à réagir, retire sa plainte

La déclaration de l’enseignant est venue mettre fin à toute polémique. «L’étudiant l’a fait de sa propre initiative. Il est sensible à la question décoloniale, surtout de par ses origines. Il est profondément antiraciste», se désole son professeur, cité par France 3. De nuit, l’étudiant aurait déposé environ un centimètre d’épaisseur de plâtre sur le haut de la statue installée sur les quais de la ville. C’était, de son point de vue, «un acte de mémoire», explique l’enseignant, qui souligne qu’«il n’y a pas de dégradation de la statue, le plâtre s’en va à l’eau». 

La statue en bronze de Modeste Testa (1765-1870) est l’œuvre du sculpteur haïtien Filipo. Elle a été inaugurée, en présence de sa descendante haïtienne, le 10 mai 2019, lors de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition. Cette esclave avait été achetée par deux frères bordelais au XVIIIe siècle puis affranchie.

La mairie de Bordeaux a décidé de retirer sa plainte, tout en précisant que l’étudiant avait réalisé ce moulage «sans aucune autorisation préalable de la Ville». «On ne saurait accepter et cautionner cette initiative isolée et pour le moins malheureuse qui a heurté nombre d’observateurs attachés à la mémoire que représente cette statue», souligne le communiqué municipal, qui rappelle «le caractère inviolable des monuments et œuvres d’art présents sur l’espace public et le strict respect qui leur est dû, en particulier ceux honorant la mémoire de victimes de crimes contre l’humanité».


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