L′arrestation de Ghislain Muhiwa renforce les soupçons de la Lucha | Afrique | DW

Au mois de mai, lors de l’éruption du volcan Nyiragongo, Ghislain Muhiwa et ses camarades avaient dénoncé des détournements de dons destinés aux victimes du sinistre par certains agents de la fondation au Nord-Kivu.

Les faits se sont déroulés ce dimanche (22 août 2021) en fin de journée. Lors de son arrestation, le militant a été escorté par des agents des renseignements ainsi que des policiers. Ceux qui étaient présents sur les lieux ont signalé également la présence de l’avocat de la fondation.

Bienvenu Matumo, présent sur les lieux et membre de la Lucha dénonce une instrumentalisation de la justice. « Nous sommes étonnés que ceux qui dénoncent sont ceux qui sont poursuivis alors qu’il y a eu des cas d’arrestation dans ce dossier. Nous demandions qu’il puisse y avoir plus d’investigation en interne pour qu’on puisse savoir qui sont les personnes qui ont détourné une partie de l’aide. Depuis ce moment-là, il y a un acharnement, une instrumentalisation de la justice parce qu’on veut absolument plaire à la première dame et quand on discute avec les magistrats, on nous dit clairement que le dossier appartient à la première dame et qu’il faut y aller avec toutes les assurances possibles », s’inquiète l’activiste.

Lire aussi: RDC : l’éruption du Nyiragongo soulève des questions de mauvaise gouvernance

Mai Jean Mobert Senga, défenseur des droits de l’Homme et chercheur à Amnesty International affirme ne voir aucune base légale à ce dossier. « Je pense que la question essentielle que les gens devraient se poser c’est est-ce que Ghislain Muhiwa et Parfait Muhani et les autres militants de la Lucha, qui sont actuellement pourchassés par la fondation de Denise Nyakeru Tshisekedi, méritent d’être pourchassés comme des criminels et jetés en prison ? Est-ce qu’il y a des faits et une base légale pour les poursuivre et les arrêter ? La réponse est claire, c’est non ! », insiste-t-il.

L’Etat de droit remis en question

A son arrivée au pouvoir, le président congolais Félix Tshisekedi avait promis de faire de la lutte contre la corruption, un des points centraux de son mandat. Cependant, pour Jimmy Kande, président du Réseau panafricain de lutte contre la corruption, avec ce dossier on est bien loin de l’Etat de droit et de la lutte contre la corruption annoncée en début de mandat.

« Nous sommes dans un pays qui veut lutter contre la corruption et qui veut faire la promotion de la transparence mais je pense que ce genre d’attitudes est de nature à décourager ceux qui veulent réellement lutter contre la corruption. Je pense que pour une fondation qui est rattachée à la première dame du Congo et de surcroit au président de la République, il faudrait encourager ceux qui travaillent dans le sens de dénoncer ce genre d’actes plutôt que de les intimider dans le but de les faire taire », suggère Jimmy Kande.

En attendant, le mouvement citoyen Lucha exige que le tribunal militaire de Goma puisse clore le dossier d’instruction afin que le procès puisse commencer.

La DW a tenté à plusieurs reprises de joindre la fondation Denise Nyakeru qui a promis de répondre à nos questions. Au moment de boucler ce sujet, nous n’avions toujours pas reçu de réponse.




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