L′armée rwandaise au secours du Mozambique | Afrique | DW

Les djihadistes occupaient Mocimboa da Praia depuis plus d’un an. Selon le général de brigade rwandais, Pascal Muhizi, nombre d’entre eux auraient été tués et les autres se seraient enfuis à motos en direction de la Tanzanie.

Le Rwanda et son président, Paul Kagamé, ont célébré ce succès militaire comme une victoire importante sur la scène internationale.

Le Rwanda fournit actuellement le plus grand contingent de troupes étrangères dans la province de Cabo Delgado, avec un  millier de soldats.

Plusieurs pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe, dont l’Afrique du Sud, sont ainsi très en retard concernant l’envoi de troupes à Cabo Delgado.

L'armée mozambicaine ne peut seule, faire face aux rebelles qui attaquent le pays

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« L’armée mozambicaine, une honte ! »

Face au succès de l’intervention rwandaise, les troupes mozambicaines font désormais figure de « figurants dans leur propre pays » et c’est bien dommage, estime Elisio Macamo, expert mozambicain en politique africaine.

« Dans le passé, certains Mozambicains ont sacrifié leur vie pour que nous puissions être un pays libre et indépendant. Nous avons toujours été fiers de notre armée. Mais nous devons maintenant nous demander pourquoi un millier d’hommes et de femmes d’un petit pays, le Rwanda, réussissent à faire en quinze jours ce que nos propres soldats n’ont pas pu faire en quatre ans. Une honte ! », estime l’analyste.

Mocimboa da Praia est toujours dans le viseur des islamistes

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Grâce à l’armée rwandaise, le méga projet gazier « Total Energies » à Cabo Delgado peut à nouveau être envisagé. Le projet conduit par la société française Total a été suspendu en avril pour des raisons de sécurité.

Le gouvernement mozambicain a annoncé que l’armée rwandaise allait désormais établir une zone de sécurité d’environ 50 kilomètres de long pour ce projet gazier.

Une protection qui aurait été négociée « au plus haut niveau » entre le Mozambique, la France et le Rwanda, selon l’analyste Elisio Macamo.

Pour Paris, la reprise du plus grand projet gazier d’Afrique est en effet importante mais l’envoi de soldats français dans le nord du pays étant inconcevable, en raison de l’opposition des milieux politiques mozambicains. Les Rwandais se sont donc engouffrés dans la brèche.

Soldats rwandais dans la province de Cabo Delgado le 9 août 2021

Soldats rwandais dans la province de Cabo Delgado le 9 août 2021

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Préparer l’avenir

Calton Cadeado, expert en paix et sécurité, s’inquiète quant à lui, de l’avenir sécuritaire du Mozambique.

« Le Mozambique va connaître des temps difficiles si sa propre armée ne parvient pas à moyen terme à assurer la sécurité dans son propre pays sans aide étrangère. Les troupes étrangères quitteront notre pays tôt ou tard et nous devrons nous défendre nous-mêmes. Le Mozambique a besoin d’une stratégie de sortie pour les troupes étrangères et surtout pour les Rwandais », explique l’expert.

Mocimboa da Praia, port sur l’océan Indien, a été le lieu des premières attaques djihadistes au Mozambique, en octobre 2017. Ces groupes armés s’étaient ensuite emparés de la ville de quelque 120.000 habitants, il y a tout juste un an.

 




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