Faible engouement des étudiants | El Watan

VACCINATION ANTI-COVID DANS LES UNIVERSITÉS

La vaccination d’une grande partie de la population algérienne est devenue une véritable course contre la montre. Le défi est encore double pour la communauté universitaire qui compte à l’échelle nationale plus d’1 million d’étudiants et des dizaines de milliers d’employés (entre enseignants et administrateurs). Pour cette rentrée universitaire, la deuxième durant la pandémie, un plan sanitaire initié par le ministère de l’Enseignement supérieur est déjà mis en place au niveau des différentes infrastructures, avec les spécificités de chaque université.

A Constantine, les administrations concernées sont sur leurs gardes, depuis juillet dernier, surtout que cette wilaya abrite des dizaines de milliers d’étudiants venant des autres régions. Nous avons pris à titre d’exemple l’université Salah Boubnider Constantine 3, qui a organisé depuis le mois de juillet jusqu’à maintenant trois campagnes de vaccination. «En plus de la campagne organisée par l’Etat, nous nous sommes déjà penchés dans l’application du protocole sanitaire suivant les directives du ministère avec quelques spécificités, en entamant une première action de vaccination entre le 13 et 15 juillet dernier. Malheureusement, il n’y a eu que 99 personnes qui ont eu leurs doses», a déclaré Pr. Chaouki Benabbas, vice-recteur chargé des relations extérieures, de l’animation, de la coopération, de la communication et des manifestations scientifiques à l’université Salah Boubnider. Et d’expliquer que ce faible engouement est dû à un éventuel manque de communication.

C’est pourquoi,  une autre campagne d’information et de sensibilisation a été actionnée sur la plateforme de l’institution, sur les réseaux sociaux et par invitation des enseignants via les E-mails. Lors de la deuxième campagne organisée du 27 au 29 juillet, le nombre a connu une légère augmentation. «Nous avons pu vacciner durant cette période 384 personnes, entre enseignants, administrateurs et étudiants voire même leurs familles. Nous avons également intégré dans cette action les écoles nationales, dont l’ENS, L’Ecole polytechnique et celle de la biotechnologie. Nous avons mené un véritable travail de coordination, même avec les Dou pour sensibiliser les jeunes étudiants», a souligné Pr. Benabes, en rassurant que la troisième campagne menée depuis le 4 septembre jusqu’au 11 du même mois au niveau du département d’architecture et de la faculté GTU sera plus importante, en termes de taux de vaccination.

Selon ses dires, beaucoup d’enseignants ont sollicité l’université pour se faire vacciner. Il a estimé que son administration «est bien rodée» et que tout a été mis en œuvre pour la sensibilisation, particulièrement au profit de la masse estudiantine. Ce manque de flux est également signalé au niveau des autres établissements. Par exemple à l’université les Frères Mentouri Constantine 1 (UFMC1), le taux de vaccination n’était pas aussi important. Depuis samedi dernier, le nombre des étudiants qui ont voulu se faire vacciner reste toujours minime. Pourtant,  les inscriptions ont coïncidé avec la grande campagne de vaccination lancée par l’Etat, ayant connu un véritable matraquage médiatique. Sur un total de 8338 nouveaux bacheliers à l’UFMC, seulement 90 étudiants se sont présentés samedi sur les lieux. Ces derniers n’ont pas été tous vaccinés !

Manque de doses et de personnel soignant 

D’ailleurs, dimanche, le personnel médical mobilisé pour cette action a chômé presque toute la journée. «Durant le mois de juillet, nous avons pu faire vacciner environ 300 employés. Mais il ne faut pas oublier que certaines personnes peuvent être vaccinées dans leurs wilayas de résidence», a déclaré Dr. Choul Benchohra, recteur de l’UFMC 1. Et de souligner que le véritable défi, qui n’est pas unique pour l’Algérie, se perçoit dans la prise de conscience du danger et l’acceptation de la vaccination chez l’individu. Lors du conseil de la wilaya de Constantine tenu la semaine écoulée, certains représentants des universités ont soulevé la rupture des doses durant le mois de juillet.

Ce manque a provoqué l’arrêt de la vaccination en cette période cruciale marquée par le pic de contamination et la peur des gens, sachant que ces institutions ne sont pas toutes dotées de chambres froides pour stocker les doses. En plus de ces anomalies, le personnel médical fait aussi défaut pour assurer la vaccination des milliers d’étudiants et d’employés, en cas de rush. «Ce problème ne se pose plus actuellement à l’université Frères Mentouri. Les doses nécessaires seront procurées par les services de la DSP. Certes, nous n’avons pas de chambres froides, mais nous disposons de  frigos spécifiques. Par exemple, à l’Institut des Sciences vétérinaires à El Khroub, un frigo peut assurer une température de -80 C°», a rassuré Dr. Choul Benchohra.

Et d’ajouter en ce qui concerne le personnel médical que leur établissement compte un staff composé de 8 médecins et 4 infirmiers avec une formation assurée par les services de la santé. Pour sa part, Pr. Chaouki Benabbas,  vice-recteur de l’université Salah Boubnider, a estimé que ce genre d’aléas peut survenir, durant des conjonctures similaires, mais il ne perdure jamais. «Notre université est dotée d’une chambre froide, d’autant plus que nous avons déjà un stock de 80 doses avec lequel nous pourrons entamer cette troisième campagne. Nous avons également coordonné avec la DSP afin d’être approvisionnés de 200 jusqu’à 400 doses par jour. Nous nous sommes bien préparés et nous lançons un appel à tout le monde pour se rapprocher de l’université», a indiqué M. Benabbas, affirmant qu’un total de 5 médecins, 6 infirmiers et une dizaine du personnel de soutien ont été mobilisés au niveau des facultés d’architecture, de GTU et de Génie des procédés pour la vaccination.

Faut-il adopter des mesures plus radicales ?

Cette importante logistique de vaccination engagée, pour contrer l’éclosion de multiples variants qui sont plus contagieux et plus mortels, est-elle suffisante ? Sachant qu’une épreuve vaccinale n’est pas exigée dès la rentrée, ce qui inquiète une bonne partie de la communauté universitaire, qui a perdu beaucoup d’enseignants et de brillants éléments durant cette pandémie. Durant l’été, l’université Salah Boubnider a déploré le décès d’une quinzaine de professeurs contaminés à la Covid. La même chose est signalée au niveau de Constantine 1. Une situation qui ne permet pas une autre vague, précisément avec le retour à l’enseignement présentiel, décidé après l’altération pédagogique enregistrée dans certaines facultés.

Comment convaincre donc, environ 35 000 étudiants et 1688 enseignants à l’université des Frères Mentouri, ainsi qu’environ 20 000 étudiants et 1500 employés à l’université Salah Boubnider, sans les autres établissements ? Pour le moment, seuls la sensibilisation et l’enseignement par groupe qui ont été pris comme solution à ce rejet de vaccination, afin d’éviter de rendre ces établissements de l’enseignement supérieur des épicentres de contamination. Les portes de toutes les universités sont ouvertes à l’ensemble des étudiants, enseignants, employés et leurs parents pour la vaccination. Les concernés peuvent s’inscrire sur la plateforme, en répondant à un questionnaire, prendre un rendez-vous et obtenir une fiche sanitaire.

Comme ils peuvent également se présenter dans les centres sans aucune contrainte pour se faire vacciner. «Les étudiants peuvent se faire vacciner à n’importe quel moment et à n’importe quel jour, peut importe leur nombre. Tout un protocole sanitaire est mis en place, pour éviter la contamination. Même le décès d’un seul étudiant à cause de la Covid est considéré comme une perte pour nous. On aimerait bien protéger nos universitaires», a déclaré Dr. Choul Benchohra, affirmant que des affiches de sensibilisation sont déjà collées dans les différents départements.   


Post Views:
0



Source link

Check Also

Tribunal militaire de Blida : la cour d’appel confirme les 16 ans de réclusion contre Bouazza

La cour d’appel militaire de Blida a confirmé tard dans la soiree d’hier (jeudi 16 …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *