Droits de l′homme en RDC: bilan de mi-parcours mitigé pour Tshisekedi | Afrique | DW

En janvier 2019, la RDC a vécu une alternance pacifique à la tête de l’Etat. Après 18 ans au pouvoir, Joseph Kabila a été remplacé par Félix Tshisekedi.

Au moment de son investiture, ce dernier a promis de lutter contre la corruption, de faire des droits de l’Homme sa priorité et d’installer un Etat de droit durant son mandat.

Basé à Kinshasa, Franck Citende est le secrétaire exécutif du Réseau national des ONG des droits de l’homme en RDC. Il note une nette différence entre l’ère Kabila et Tshisekedi. « Concernant la situation des droits de l’Homme en RDC, il est vrai que nous avons senti une amélioration. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire, surtout du côté des personnes ayant une responsabilité publique », affirme-t-il.

« A ce jour, nous assistons à beaucoup d’abus de pouvoir, surtout du côté de la police », poursuit le défenseur des droits humains. « C’est la raison pour laquelle nous avons formulé une recommandation précise au président de la République en lui demandant d’engager une réforme profonde de la police, afin d’y extirper les moutons noirs, tous les éléments véreux qui sont aujourd’hui en train de ternir l’image de la police et qui occasionnent des violations incessantes des droits humains. »

Bien que les séquences temporelles ne soient pas les mêmes, il n’est pas simple de comparer les périodes Kabila et Tshisekedi.

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Pour Abdoul Aziz Thioye, directeur du bureau conjoint des Nations unies aux Droits de l’Homme, si on se réfère à la période précédant les élections de 2018 qui a été marquée par la répression des manifestations, les arrestations arbitraires ou encore les exécutions extrajudiciaires, il y a lieu de noter un petit changement depuis 2019.

« Le rapport que nous avons publié sur les six premiers mois de l’année 2021 montre qu’effectivement il y a un recul des violations des droits de l’Homme dû principalement à la réduction du nombre de ces violations attribuées aux forces de défense et de sécurité, mais aussi une réduction du nombre d’atteinte attribuées aux groupes armés », souligne-t-il.

Le directeur du BCNUDH dit espérer « que la tendance va se maintenir et se confirmer pour qu’en décembre, nous puissions avoir un net recul qui pourra nous montrer une amélioration générale des droits de l’Homme dans le pays ».

Des manquements à certains niveaux

Une amélioration générale, c’est aussi le souhait de Jeff Mbiya qui est chercheur dans le secteur des mines, de l’environnement et des droits de l’homme au Katanga.

Pour lui, il y a un changement et une prise de conscience au niveau des acteurs au sein de l’appareil judiciaire et sécuritaire, bien que certains droits fondamentaux peinent encore à être respectés. « Aujourd’hui, l’Agence nationale des renseignements n’arrête plus les gens pour leurs opinions ou pour certaines infractions politiques », se félicite le chercheur.

« D’après nos informations, il y a eu une amélioration de l’enveloppe salariale mais également des primes qui leur ont permis d’être professionnels. Cependant, il n’en reste pas moins que tous les droits fondamentaux des communautés ne sont pas respectés, notamment les droits économiques et socioculturels sur lesquels il va falloir beaucoup travailler », rapporte Mr. Mbiya.

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Bien que certains défenseurs des droits de l’homme semblent percevoir les signes favorables de l’instauration d’un Etat de droit, la liste des atteintes à la population reste donc encore bien remplie.




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