Comment le Bénin s′apprête à recevoir ses biens culturels | Afrique | DW

Le Bénin va bientôt accueillir les 26 œuvres d’art pillées pendant la période coloniale, restituées par la France. Après leur rapatriement, elles devront d’abord être accueillies dans un musée dénommé  »Musée international de la mémoire et de l’esclavage », dont les travaux de construction sont actuellement en cours à Ouidah, à une trentaine de kilomètres de Cotonou.

Mais qu’en est-il des autres musées, principalement ceux d’Abomey qui devraient être la destination finale des pièces restituées ?

Les préparatifs battent leur plein

« Le Béninest en train de se préparer », estime Nouréini Tidjani Serpos le président du comité chargé de la coopération muséale et patrimoniale. Les préparatifs permettront que « quand ces œuvres vont arriver, ce ne soit pas des œuvres qui vont traîner n’importe où, n’importe comment », explique-t-il encore à la DW.

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« Je parle essentiellement des musées, que ce soient des musées qui sont prévus à Allada, Ouidah et Porto-Novo, ou que ce soient ceux qu’on va construire à Abomey », précise Nouréini Tidjani Serpos.

Abomey, dans la capitale historique du Bénin justement, l’imposante statut du roi Béhanzin qui accueille les visiteurs à l’entrée ne constitue pas la principale attraction. Cette ville abrite encore les vestiges d’une dizaine de palais royaux inscrits depuis 2005 au patrimoine mondial de l’Unesco.

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Malgré leur état de dégradation avancé, Gabin Djimassè, responsable de l’office du tourisme de la localité, estime que ces sites revêtent la même importance, « parce que la ville n’existe qu’à travers ce patrimoine, qui existe sous deux formes : le site classé patrimoine mondial de l’Unesco qui couvre 47 hectares réunit tous les palais de fonction des différents rois qui se sont succédé à la tête de ce royaume. Au-delà de ces sites, il y a des palais princiers où certains princes héritiers ont fait leur apprentissage de la gestion du royaume, qui malheureusement ont été dangereusement menacés, certains ont été presque totalement vendus ».

De nombreux chantiers de rénovation

Le roi Béhanzin a vécu de 1844 à 1906

Le roi Béhanzin est reconnu comme une des plus importantes figures africaines de la résistance anti-coloniale

Mais le délabrement des bâtiments n’inquiète pas Gabin Djimassè. L’historien et conservateur des palais royaux est convaincu que les choses vont bientôt changer et que tout le patrimoine sera réhabilité, à commencer par le site des palais, pierre angulaire de la ville.

« Ce palais va faire d’abord peau neuve, avec la construction d’un nouveau musée intitulé ‘ l’Epopée des amazones et de rois du Dahomé’, un nouvel équipement qui n’existait pas et qui sera réalisé sur le site muséal avec tous ses accompagnements, les commodités. L’ancien Ifan, Institut français d’Afrique noire, un site attenant au site muséal qui sera réhabilité également », assure Gabin Djimassè.

De nombreux autres travaux sont prévus dans le cadre de la construction et de la réhabilitation des sites d’Abomey. 35 millions d’euros, soit près de 23 milliards de francs CFA, ont été déjà décaissés par l’Agence française de développement pour la concrétisation de ces projets.




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