Ce que le 11 septembre 2001 a changé pour les Ougandais | NRS-Import | DW

L’Ougandais Mark Ntege était encore écolier lorsqu’il a vu à la télévision les tours jumelles s’effondrer il y a 20 ans. Mais il se souvient encore clairement de ce jour et aussi des conséquences de ces événements : « Je me souviens avoir vu à la télévision les avions entrer dans les bâtiments. Au début, je ne pouvais pas y croire. Je pensais que c’était une sorte de blague et je ne pouvais pas y croire. Et pendant les cinq premières minutes, j’ai pensé que ce n’était pas vrai. Mais comme je n’arrêtais pas de changer de chaîne et que tout était pareil, j’ai réalisé que c’était vrai. Je n’ai jamais pensé que des terroristes avaient la capacité de faire voler des avions contre un bâtiment. »

Aujourd’hui âgé de 35 ans, Mark Ntege est tailleur et designer de profession et un ami proche de Bobi Wine, le chef de l’opposition ougandaise.

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Des changements

Depuis que le président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 37 ans, a été l’un des premiers chefs d’Etat africains à faire part de sa volonté de poursuivre la guerre contre le terrorisme en Afrique, Mark Ntege note qu’il y a eu des changements en Ouganda.

Le président Yoweri Museveni en janvier 2021 à Kampala.

Le président Yoweri Museveni en janvier 2021 à Kampala.

« Nous avons commencé à subir des contrôles corporels à chaque fois qu’on voulait entrer dans un bâtiment. Des contrôles de sécurité, chaque fois que vous allez quelque part. Les contrôles de sécurité ont commencé depuis le 11 septembre. Avant le 11 septembre, il n’y avait pas de contrôle de sécurité. L’Ouganda était si sûr », explique-t-il.

Selon Mark Ntege, le 11 septembre 2001 et la lutte contre le terrorisme ont permis au gouvernement ougandais de réprimer aussi plus facilement les voix critiques dans le pays. Il évoque notamment les arrestations arbitraires, les actes de torture…

Une lutte qui rapporte

Depuis le 11 septembre, l’Ouganda est à la tête de la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Est. Une lutte qui rapporterait par ailleurs gros au gouvernement.

« L’Ouganda profite en fait du 11 septembre et de la confusion du terrorisme. Il en tire des bénéfices parce que l’Ouganda a géré la plupart des missions de maintien de la paix depuis le 11 septembre et la guerre contre Al-Shabab en Somalie et dans la Corne de l’Afrique. L’Ouganda a en fait, à partir du 11 septembre, simplement augmenté sa présence militaire dans les missions à l’étranger », précise Mark Ntege.

Lire aussi :  Quels liens entre migrations et terrorisme?

Les guerres en Afghanistan et en Irak qui ont suivi le 11 septembre 2001 ont également eu un impact sur la jeunesse ougandaise. Mark Ntege rappelle que des milliers de jeunes Ougandais au chômage ont été recrutés par des sociétés de sécurité privées américaines. Ils sont allés travailler comme forces de sécurité dans les zones de guerre et pour y protéger les bases militaires.




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