Alors que les Talibans disent contrôler tout l’Afghanistan : Massoud appelle à un soulèvement

Les talibans ont annoncé hier avoir le contrôle de tout l’Afghanistan, affirmant avoir fait tomber la vallée du Panchir où le chef de la résistance locale, Ahmad Massoud, a appelé à se soulever contre eux, rapporte l’AFP. «Avec cette victoire, notre pays est désormais complètement sorti du marasme de la guerre», a déclaré dans un communiqué le principal porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid. En conférence de presse, il a averti que «quiconque tente de créer une insurrection sera durement réprimé». Le porte-parole a aussi appelé les ex-forces armées gouvernementales, qui ont combattu les talibans pendant 20 ans, à intégrer à leurs côtés les nouveaux services de sécurité.

De son côté, le chef du Front national de résistance (FNR), Ahmad Massoud, fils du commandant Massoud, a appelé le même jour chaque Afghan à un «soulèvement national» contre les nouveaux maîtres du pays. «Où que vous soyez, dedans ou en dehors (de l’Afghanistan), je vous appelle à lancer un soulèvement national pour la dignité, la liberté et la prospérité de notre pays», a-t-il déclaré dans un message sonore envoyé aux médias.

Des discussions ont initialement eu lieu entre les talibans et le FNR, qui souhaite un gouvernement décentralisé, les deux camps disant vouloir éviter les combats, mais aucun compromis n’a été trouvé. Le FNR a proposé dans la nuit un cessez-le-feu.

Il a reconnu la mort de son porte-parole Fahim Dashty. Située à 80 km au nord de Kaboul, la vallée du Panchir constitue le dernier foyer d’opposition armée aux talibans, qui ont pris le pouvoir le 15 août suite à une campagne militaire éclair.

Bastion anti-taliban de longue date, le Panchir constitue le fief du commandant Ahmed Shah Massoud, résistant à l’occupation soviétique (1979-1989) avant d’être assassiné dans un attentat-suicide attribué Al Qaîda en 2001. Il abrite aujourd’hui le FNR. Le Panchir n’est tombé ni sous l’occupation soviétique ni durant le premier passage au pouvoir des talibans, de 1996 à 2021.

Incertitude

Sur le plan politique, la composition du nouvel Exécutif taliban, initialement escomptée vendredi, se fait toujours attendre. Revenus au pouvoir 20 ans après en avoir été chassés par une coalition emmenée par les Etats-Unis, les talibans sont sous l’œil vigilant de la communauté internationale, qui les jugera sur leurs actes. Le mouvement a promis de mettre en place un gouvernement «inclusif», s’engageant aussi à respecter les droits des femmes, bafoués lors de son premier règne.

Des universités privées afghanes ont rouvert lundi. Néanmoins, les nouveaux maîtres du pays ont indiqué samedi dans un décret que les étudiantes seraient tenues de porter une abaya noire, assortie d’un niqab couvrant le visage à l’exception des yeux. Ils ont confirmé que l’enseignement se ferait, dans la mesure du possible, dans des classes non mixtes.

Sous leur précédent régime, les filles n’étaient pas autorisées à étudier, et le port de la burqa couvrant complètement la tête et le corps, avec un grillage dissimulant les yeux, était obligatoire. Sur le plan diplomatique, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, est arrivé hier au Qatar, qui conserve des liens étroits avec les talibans. Visite consacrée à la situation en Afghanistan.


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