Allemagne, chronique d′un bras-de-fer annoncé après les législatives | International | DW

Les premiers résultats provisoires (à 18h30 TU) créditent le SPD de 25,5% des suffrages. Les sociaux-démocrates obtiendraient ainsi un résultat en forte hausse après une série de débâcles électorales ces dernières années.

Vice-chancelier et ministre des Finances du gouvernement sortant, Olaf Scholz a déjà fait savoir que la « nuit électorale » serait « longue ». Mais la tête de liste du SPD se voit déjà comme le « prochain chancelier ».

Olaf Scholz I SPD I

Olaf Scholz (SPD) se voit chancelier

Selon lui, « de nombreux citoyens ont [donné leurs voix] au SPD parce qu’ils veulent un changement de gouvernement et aussi parce qu’ils veulent que le prochain chancelier de ce pays soit Olaf Scholz ».

Toutefois, le score du SPD ne suffit pas à former un gouvernement majoritaire. Il va donc devoir entamer des pourparlers avec différents partis dans l’espoir de former une coalition.

Armin Laschet (CDU) atteint un score historiquement bas

Armin Laschet (CDU) atteint un score historiquement bas

De son côté, la CDU/CSU n’obtiendrait que 24,5% des voix, un score historiquement bas pour les conservateurs au pouvoir depuis 16 ans. Leur tête de file, Armin Laschet, a déclaré lui aussi que « la nuit sera[it] longue »  mais il envisage « un gouvernement fédéral dirigé par la CDU »  dans une coalition à trois « qui va moderniser le pays ».

>>> Lire aussi : Elections : le SPD et la CDU au coude-à-coude

Le problème de taille qui va se poser, même après publication des résultats provisoires, sera donc de trouver des partenaires de coalition : au vu des résultats de chaque parti, ils devront se mettre à trois pour obtenir une majorité stable au Bundestag et donc pouvoir constituer le prochain gouvernement.

L’alliance de trois partis est fréquente au niveau régional mais elle sera une première depuis les années 1950.

Les alliances possibles du SPD

Le partenaire de coalition le plus probable du SPD seraient les Verts (Bündnis 90/Die Grünen), avec qui les sociaux-démocrates peuvent trouver un terrain d’entente sur plusieurs points. Crédités de 13,8% des suffrages, les écologistes sont déçus par leur score, alors qu’ils ont cru à un moment de la campagne qu’ils pouvaient envisager la chancellerie.

Au siège des Verts, des militants euphoriques malgré le score décevant

Au siège des Verts, des militants euphoriques malgré le score décevant

Leur candidate, Annalena Baerbock, a reconnu des « erreurs » durant la campagne, y compris des erreurs personnelles. Elle a déclaré : « Nous n’avons certes pas obtenu ce que nous voulions mais nous avons une mission pour l’avenir », estimant que le pays « a besoin de renouveau et surtout un gouvernement du climat. »

Une coalition à trois avec le FDP (11,7%) pourrait poser plus de problèmes avant de trouver un accord. Les libéraux sont opposés à l’interventionnisme que prônent les écologistes et surtout aux hausses d’impôts que proposent le SPD et les Verts pour financer la transition énergétique et leur programme social.

Alexander Lambsdorff (FDP) a déclaré à la DW que la politique fiscale ne serait pas négociable pour son parti pour former une coalition. Les dirigeants du parti se disent satisfaits d’avoir obtenu un « score à deux chiffres ».

>>> Lire aussi : Bundestag 2021: les nombreuses (!) coalitions possibles après les élections en Allemagne

Mathématiquement, le parti de gauche, Die Linke, atteint tout juste la barre éliminatoire des 5% de vote pour envoyer des députés au Bundestag. Ce parti ne constitue donc pas une grande réserve de soutien pour le SPD, outre le fait que les dissensions programmatiques restent importantes.

Reste l’éventualité d’une reconduction de la « grande coalition » avec les conservateurs, dans laquelle le SPD serait cette fois le parti dominant. Mais il n’est pas certain que la CDU/CSU accepte d’être reléguée à un rôle de second plan. 

Ici un graphique pour visualiser les évolutions des scores des partis par rapport à 2017:

Les alliances envisagées par la CDU/CSU

Le score d’Armin Laschet et de la CDU est un revers pour le parti d’Angela Merkel. Le secrétaire général du parti chrétien-démocrate (CDU), Paul Ziemiak, a reconnu dans la soirée « des pertes amères ».

Le quotidien BILD qualifie même ce score en-deçà de 30% de « catastrophe » pour le camp conservateur.

Markus Söder (CSU, à gauche sur l'image) veut réaffirmer le poids de son parti dans l'alliance avec la CDU d'Armin Laschet

Markus Söder (CSU, à gauche sur l’image) veut réaffirmer le poids de son parti dans l’alliance avec la CDU d’Armin Laschet

En interne, les conservateurs bavarois de la CSU réclament d’ores et déjà d’avoir davantage leur mot à dire face à leur « grande sœur » déconfite, la CDU.

En dépit de leur recul électoral, les conservateurs veulent former le prochain gouvernement.

D’un point de vue politique, une alliance est envisageable avec les Verts – malgré de fortes dissensions sur les politiques économique et étrangère notamment – et le FDP.

L’extrême-droite en légère baisse

Aucun des grands partis ne souhaite faire coalition avec l’AfD. Ce parti xénophobe, islamophobe, est en léger recul par rapport à son score d’il y a quatre ans. Il obtiendrait entre 10% et 11% des voix contre 12,6% en 2017. Bien que déchirée par des conflits internes l’AfD fait bien partie du paysage politique allemand et restera dans l’opposition.

 

Le parlement nouvellement élu doit tenir sa session inaugurale dans un délai de 30 jours au plus après l’élection, soit le 26 octobre.

 




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