accord partiel entre gouvernement et opposition pour sortir de la crise — RT en français


Une deuxième série de discussions entre opposition et gouvernement vénézuéliens s’est tenue du 3 au 6 septembre, aboutissant à un premier accord signé entre les deux parties visant à sortir de la crise politique que traverse le pays.

Après quatre journées de négociations entamées le 3 septembre, les représentants du gouvernement et de l’opposition vénézuéliens ont déclaré le 6 septembre qu’ils étaient parvenus à un accord partiel lors des pourparlers qui se tiennent à Mexico, avec la médiation de la Norvège, depuis le 13 août. Ce premier accord s’inscrit dans le cadre d’une feuille de route élaborée pour faire face à la crise économique et politique que traverse le Venezuela.

Nous n’avons besoin de personne pour nous faire des dons, nous avons des ressources suffisantes

Une déclaration commune publiée par la délégation norvégienne le 6 septembre annonce ainsi que l’accord concerne des points liés aux mesures sociales et sanitaires et à un différend territorial opposant le pays à la Guyane voisine.

Les parties se sont entendues afin «d’établir des mécanismes de restauration et de garantie des ressources répondant aux besoins de la population, avec un accent particulier sur les effets de la pandémie de Covid-19, y compris celles provenant des organisations multilatérales auxquelles la République a droit». 

Le représentant du gouvernement vénézuélien Jorge Rodriguez a souligné que «ces ressources [une fois restituées] seront utilisées pour lutter contre le Covid-19, l’acquisition de plus de vaccins, la fourniture d’hôpitaux, le renforcement des programmes alimentaires et les soins pour le peuple vénézuélien».

Cette déclaration de principe ne spécifie pas si l’opposition a accepté d’appeler les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, à alléger ou à lever les sanctions économiques contre le Venezuela, un point fondamental pour le gouvernement de Nicolas Maduro. Le texte d’accord souligne néanmoins que chaque partie devra «établir un processus de révision des désavantages dérivés» de l’application des sanctions contre le système financier.

«Nous n’avons besoin de personne pour nous faire des dons, nous avons des ressources suffisantes qui appartiennent au pays et sont suffisantes pour consolider la stabilisation économique et servir la population», a ajouté Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée nationale vénézuélienne en charge de ces négociations du côté gouvernemental. Une réflexion en guise de réponse aux multiples tentatives américaines d’imposer une aide humanitaire à son pays et que le gouvernement vénézuélien a toujours refusée, craignant que celle-ci ne soit utilisée par Washington comme un outil d’ingérence dans les affaires du pays

Le gouvernement de Nicolas Maduro ne cesse de réclamer le déblocage et la restitution de ses biens à l’étranger et la levée des sanctions pour pouvoir redresser une économie en chute libre.

Quand nous sommes assis à cette table [de négociations], nous comprenons que nous sommes assis avec les Etats-Unis

La seconde partie de l’accord porte sur une reconnaissance de la «souveraineté du Venezuela sur la Guyane Esequiba», la partie occidentale de la Guyane située entre la frontière reconnue entre les deux pays et le fleuve Essequibo. L’Esequiba, zone de 159 500 kilomètres carrés riche en ressources naturelles, est revendiquée par le Venezuela depuis 1897. Sur ce point, gouvernement et opposition font front commun. 

«Il n’y aura pas d’impunité ni au Mexique ni sur Mars»

Le président vénézuélien Nicolas Maduro s’est réjoui de ce deuxième round de négociations. «Le dialogue pour la paix et le redressement est un succès pour les Vénézuéliens», a déclaré le chef d’Etat dans un tweet vidéo. Même satisfaction du côté de l’opposant Juan Guaido, autoproclamé président du pays en janvier 2019 et qui ne participe pas directement aux négociations. «La reconnaissance de l’urgence humanitaire complexe et les progrès dans les accords humanitaires permettront de faire cesser les obstacles pour sauver des vies», a écrit l’ex-président de l’Assemblée nationale sur son compte Twitter

Le 5 septembre, Nicolas Maduro avait néanmoins prévenu qu’au aucune impunité ne serait négociée au cours de ces discussions. Un message adressé, sans le nommer, à Juan Guaido et à d’autres personnalités de l’opposition accusées de tentatives de coup d’Etat et de violences. «Il n’y aura pas d’impunité ni au Mexique ni sur Mars, il doit y avoir justice. Les dommages qu’ils ont causés au peuple vénézuélien avec le vol de nos biens, les tentatives de coups d’Etat, la signature de documents pour une invasion du pays et pour tuer des Vénézuéliens, sont importants», a déclaré le président lors d’un entretien le 5 décembre.

«Lorsque nous discutons avec l’opposition de Guaido, nous négocions avec les Etats-Unis»

Si les Etats-Unis ne sont pas présents physiquement à la table des négociations, le président vénézuélien estime qu’ils sont partie prenante. Dans le même entretien, il soulignait que les acteurs «extrémistes» de l’opposition présents au Mexique pour le dialogue représentent le gouvernement des Etats-Unis «car ils sont dépendants des mandats de Washington». «Quand nous sommes assis à cette table [de négociations], nous comprenons que nous sommes assis avec les Etats-Unis parce que ce sont des politiciens dépendants des mandats américains. Lorsque nous discutons avec l’opposition de Guaido, nous négocions avec les Etats-Unis», a-t-il soutenu.

Nicolas Maduro s’est tout de même dit satisfait de la reconnaissance par l’opposition guaidiste, à travers ces négociations, de la légitimité du gouvernement qu’il préside. Selon lui, cette reconnaissance de fait «démantèle la thèse de la dualité des gouvernements au Venezuela». De ce fait, il estime que le plan élaboré par l’administration Trump «a été écrasé». «La réalité est qu’au Venezuela, il n’y a pas de dualité de pouvoir, il n’y a qu’un seul gouvernement […] Il y a eu une campagne qui frôlait la stupidité, où un idiot s’est déclaré président», a déclaré le président vénézuélien.

De leur côté, les Etats-Unis soutiennent pour le moment le processus de négociations en cours. «Nous saluons le début des négociations […] Nous espérons que ce processus posera les fondations pour l’issue démocratique que méritent les Vénézuéliens. Nous sommes solidaires du peuple vénézuélien qui travaille pacifiquement pour restaurer la démocratie», a affirmé sur Twitter Ned Price, le porte-parole du Département d’Etat américain.

La prochaine série de négociations entre gouvernement et opposition aura lieu durant quatre jours du 24 au 27 septembre, toujours à Mexico et sous l’égide de la Norvège. Gerardo Blyde, le négociateur en chef de l’opposition rassemblée dans une plateforme commune, a déclaré le 6 septembre à l’issue de deuxième round des discussions : «Nous venons chercher à sortir de la crise humanitaire et à reconstruire le chemin des institutions et de la démocratie.» Concernant la troisième série de discussions, il a expliqué qu’elles porteraient sur «le système judiciaire au Venezuela, une question profonde et complexe, mais sur laquelle nous devons commencer la réinstitutionnalisation démocratique du pays».

A l’issue des premières discussions fin août, l’opposition avait déjà accepté de participer aux élections régionales et municipales qui se tiendront au mois de novembre, après plus de trois années de boycott de tous les scrutins.

Meriem Laribi




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